29 février 2012

Les chasseurs de l'âge de pierre auraient découvert l'Amérique !

De nouvelles preuves archéologiques suggèrent que l'Amérique a d'abord été découverte par des hommes de l'âge de pierre venant d'Europe; soit 10.000 ans avant que les ancêtres des Indiens d'Amérique, originaires de Sibérie, ne mettent les pieds dans le Nouveau Monde.


Une série remarquable de plusieurs dizaines d'outils de pierre de style européen, datant entre 19.000 et 26.000 ans, ont été découverts à six endroits différents le long de la côte Est américaine.
Trois de ces sites sont sur la péninsule de Delmarva, dans le Maryland, et ont été découverts par l'archéologue Darrin Lowery de l'Université du Delaware. Un autre se trouve en Pennsylvanie et un autre en Virginie.
Un sixième a été découvert par des pêcheurs draguant des pétoncles à 60 miles des côtes de Virginie sur ce qui, à l'époque préhistorique, était la terre ferme.

Ces nouvelles découvertes sont parmi les avancées les plus importantes en archéologie depuis plusieurs décennies; elles devraient nous permettre de mieux comprendre la dispersion de l'homme dans le monde. 

La similitude des outils de l'âge de pierre entre les côtes Est américaine et européennes avait déjà été remarquée. Mais tous ceux mis au jour, précédemment aux Etats-Unis, étaient âgés d'environ 15.000 ans; soit bien longtemps après l'âge de pierre en Europe (les cultures solutréennes de France et d'Iberie) où la fabrication de tels objets avait cessée.
La plupart des archéologues avait donc rejeté toute possibilité d'une connexion.
solutreens_amerique.jpg
Comment les européens ont atteint l'Amérique (Source: Daily Mail)

Mais ces récentes découvertes ont donné des datations comprises en 26.000 et 19.000 ans; ces artéfacts sont donc contemporains avec le matériel pratiquement identique d'Europe occidentale.
Qui plus est, l'analyse chimique réalisée l'an dernier sur un couteau de pierre de style européen trouvé en Virginie en 1971 a révélé qu'il a été fait à partir de silex provenant de Françe.

Le Professeur Dennis Stanford, du Smithsonian Institution à Washington, DC, et le professeur Bruce Bradley, de l'Université d'Exeter, qui ont analysé l'ensemble des artéfacts, pensent que les gens de l'âge de pierre d'Europe occidentale ont migré vers l'Amérique du Nord, lors de la période glaciaire, en se déplaçant (sur la glace et/ou en bateau) le long de la partie gelée du Nord de l'Atlantique. 

À l'apogée de l'ère glaciaire, environ cinq millions de kilomètres carrés de l'Atlantique Nord étaient recouverts de glace tout ou partie de l'année. Toutefois, de façon saisonnière, la zone où prenaient fin les glaces étaient extrêmement riches en ressources alimentaires: des phoques migrateurs, des oiseaux marins, des poissons et des pingouins de l'hémisphère Nord...
Stanford et Bradley ont longtemps soutenu que les hommes de l'âge de pierre étaient tout à fait capable de faire 2400 km sur la glace de l'Atlantique; mais jusqu'à présent il y avait relativement peu de preuves pour appuyer leur réflexion.
Mais les nouveaux indices provenant du Maryland, de Virginie et d'autres endroits de la côte Est américaine, ainsi que les tests chimiques sur le couteau en silex de Virginie, ont commencé à changer la vison des choses. Aujourd'hui, les archéologues commencent à enquêter sur une demi-douzaine de nouveaux sites dans le Tennessee, le Maryland et même au Texas.


Une petite fenêtre migratoire de 4500 ans pour les européens...

Un autre argument clé pour la théorie de Stanford et Bradley est l'absence totale de toute activité humaine dans le nord-est de la Sibérie et l'Alaska avant 15500 ans. Si des habitants du Maryland et de la côte Est étaient présents de 26.000 à 19.000 ans et venaient d'Asie, et non d'Europe, les artéfacts datant d'avant 19.000 ans, auraient dû aussi se retrouver dans les deux régions du Nord. Ce qui n'a pas été le cas.

Bien que les Européens Solutréens peuvent très bien avoir été les premiers Américains, ils avaient un inconvénient majeur par rapport aux Indiens originaires d'Asie qui sont arrivés dans le Nouveau Monde via le détroit de Béring ou le long de la chaîne des îles Aléoutiennes, après 15.500 ans.
En effet, les Solutréens ont eu seulement une fenêtre de 4500 années de période glaciaire pour mener à bien leur activité migratoire; les Indiens originaires d'Asie ont eu environ 15.000 ans pour le faire...

En raison de ces facteurs, les natifs américains d'origine européenne ont été soit partiellement absorbés par les nouveaux arrivants ou ont disparu progressivement en raison de la compétition pour les ressources.


La génétique pour confirmer la théorie.

Certains marqueurs génétiques des Européens occidentaux de l'âge de pierre n'existent tout simplement pas dans le nord-est de l'Asie; or, ils le sont en très petites quantités dans certains groupes indiens de l'Amérique du nord.
Des tests scientifiques sur de l'ancien ADN extrait de 8000 squelettes en Floride ont révélé un niveau élevé d'une clé d'un marqueur génétique probablement d'origine européenne.

Qui plus est, il existe un petit nombre de groupes amérindiens isolés dont les langues ne semblent être liées en aucune façon à des indiens d'Amérique originaires d'Asie.

Mais les preuves les plus tangibles sont susceptibles de venir de l'océan: la plupart des zones où les Solutréens auraient accosté sont maintenant jusqu'à 160 kilomètres au large. Le seul site sous-marin qui a été identifié (grâce à la pêches des pétoncles) est prêt à être examiné plus minutieusement cet été. 


Source:

28 février 2012

Macadam Peau-Rouge - Court métrage d'Arnaud Malherbe , Très bon !

Tourné dans le cadre du "Import-Export".(2008) Québec, Qc.
Réalisation: Arnaud Malherbe.
Directeur de la photographie et coloration: Patrick Faucher.
© Arnaud Malherbe et Off-Courts Trouville.

"Import-Export" project (2008) Québec, Qc.
Director: Arnaud Malherbe.
Director of photography and color correction: Patrick Faucher.
© Arnaud Malherbe et Off-Courts Trouville.

Pour le dialecte, c'est du Innu :) bien à vous :)

Une gravure de plus de - 10 000 ans dans une grotte du Brésil

Gravure humaine dite de l'Homme en Rût, trouvée dans la grotte de Lapo do Santo au Brésil. Datation - 10 000 ansPubliée en ligne le 22 février dans la revuePLoS ONE, l’étude détaillée, par des chercheurs brésiliens, d’une gravure rupestre ornant une grotte du centre du Brésil, datant  de 9 à 12 000 ans et baptisée ‘le petit Homme en rut’, témoigne de l’ancienneté de l’occupation de l’Amérique du Sud.

La découverte
C’est à la fin d’une fouille menée jusqu’à 4 m de profondeur, sur les parois de la grotte de Lapa do Santo, au centre-est du Brésil, qu’une équipe d’archéologues de l’Université de São Paulo a découvert, en 2009, cette gravure représentant un homme filiforme, doté d’un phallus surdimensionné. Les sédiments recouvrant ce pétroglyphe, analysés et datés au radiocarbone, font remonter cette œuvre pariétale à une époque située entre -9 000 et -12 000 ans, en faisant la plus ancienne d’Amérique du sud datée de manière fiable. 

Relevé de la gravure de la grotte de Lapa do SantoLa gravure
Visiblement accroupi, avec les bras tendus, le petit personnage stylisé mesure environ 30 cm de la tête aux pieds (sur une largeur de 20 cm), exhibant un sexe en érection  de 5 cm, soit à peu près aussi long que son bras gauche. « Nous avons surnommé cette effigie : ‘le petit Homme en rut’. Cette représentation est probablement liée à une sorte de rituel de fertilité. Il y a un autre site, dans la même région, où l’on trouve des peintures avec des hommes aux phallus géants, des femmes enceintes, et même une scène d’accouchement », explique Walter Alves Neves, l’un des archéologues de l’équipe, également spécialiste en anthropologie biologique.
Le contexte
Lapa do Santo, grotte calcaire d'environ 1 300 m2 de superficie, fait partie d’une série de cavernes qui ont également livré des restes humains enterrés, des outils en pierre et en os, des cendres de foyers et des restes de repas (fruits et petit gibier). C’est le plus grand abri rocheux occupé de cette région, où fut découvert le plus ancien squelette humain trouvé à ce jour en Amérique du Sud, une femme d’une vingtaine d’années baptisée Luzia.

Une occupation ancienne des Amériques
Toujours débattue, la date d’arrivée de l’Homme sur le Nouveau Monde est encore incertaine. Si de récents travaux attestent d’une chasse au mastodonte dès -13 800 ans ou de la capture d’animaux marins dès -12 000 ans dans l’ouest des États-Unis, ce pétroglyphe, selon ses découvreurs, comparé aux mains représentées dans la Cueva de las Manos ou aux figures géométriques de la Cueva Epullan Grande, en Argentine, suggère qu’en Amérique du Sud, très tôt, les émanations abstraites de la pensée avaient déjà eu le temps de s’épanouir en diverses formes.
« Cela montre qu’il y a près de 11 000 ans, il y avait déjà une manifestation très diversifiée de l'art rupestre en Amérique du Sud, et qu’ainsi, l'Homme est probablement arrivé dans les Amériques beaucoup plus tôt que ce qui est normalement accepté », conclut Walter Alves Neves.

F. Belnet

Sources : 
Telegraph
HuffingtonPost
LiveScience
Photos : collection of Laboratory for Human Evolutionary Studies - University of São Paulo

''Voilà qui remet en question (encore) la date de notre arrivés en Amérique'' Si on se fit à cette date

Source: hominides via Wikistrike

Un médecin parcours les sentiers emprunté par les ancêtres Atikamekws pour la bonne cause



Lundi 20 février, veille du JOUR J!

C’est dimanche soir, en compagnie de Guy Bacon, d’Éric Hervieux et de Mathieu Robert que je suis
arrivé à la Doré où nous avons passé la nuit. Nous y avons rejoint les étudiants et résidents en
médecine de l’Université de Sherbrooke du

Pavillon UQAC (Université du Québec à Chicoutimi) ainsi que le Dr. Sharon Hatcher et le Dr. Mario
Laroque qui nous accompagneront le lendemain matin à Opitciwan. L’enthousiasme des voyageurs est
à son comble; une journée de partage

intense s’annonce!
 

Notre premier arrêt; l’École Niska (outarde) où nous attendent les élèves de première à sixième année 
au regard curieux et allumé! Là, nous partageons notre passion, la médecine, nous avons aussi
l’occasion de donner aux jeunes des

ateliers ludiques avec nos instruments médicaux et nos mannequins de réanimation. Ces ateliers ont
pour but d’inspirer ces jeunes avides de rêve et leurs démontrer qu’une carrière dans le domaine de la
santé leur est aussi possible.

Nourrir le rêve… Voilà le but!
 
Deuxième arrêt : L’École secondaire Mikisiw (l’aigle). Là aussi nous sommes les bienvenus! Nous 
sommes accueillis par les étudiants de premier au cinquième secondaire et, là aussi, l’intérêt est
omniprésent. Nous avons aussi prévu des

ateliers ludiques mais aussi d’informations sur les maladies transmises sexuellement, le diabète. À trois
reprises, j’ai le grand plaisir de partager mon expérience de vie et ainsi démontrer que TOUT EST
POSSIBLE!
Après l’entrevue à la radio communautaire, nous avons l’honneur de nous entretenir avec les ainés de 
la communauté pour ensuite participer, en compagnie des membre de la communauté, des marcheurs,
du chef d'Opitciwan Christian

Awashish, et de la Grande Chef de la Nation Atikamekw, Eva Ottawa, au makocan (festin).
 
C’est après un bon repas, des présentations et discours que les marcheurs reçoivent les instructions
pour le lendemain et que nous nous souhaitons bonne nuit, épuisés mais heureux d’une journée si bien
remplie!
jour 2

Je me suis levé très tôt ce matin, 5h :30 très exactement. Après une bonne douche ( la dernière pour les 
prochains jours!), un bon déjeuner, j’ai dû faire quelques achats avant le départ pour le campement.
Nous sommes donc partis à 8h30

pour arriver à 9h15 au campement.
 
Dès mon arrivée, j’ai participé au démontage du campement. On démonte les tentes et récupérons le
sapinage, protection de la faune oblige! Nous nous sommes donc tous rassemblés sur le lac à 10h30.
Après une brève réunion, nous
avons fait une prière pour ensuite nous mettre en route; 2 kilomètres de marche sur le lac avant
d’attendre les chemins forestiers et ensuite l’ile.

Le chemin et le paysage changent tout à coup. La blancheur plate du lac se transforme soudainement 
en côtes sans fin. De plus, une neige lourde et collante tombe ralentissant la glisse des traineaux. Je
décrirai la première côte que nous avons dû affronter comme ceci : la côte de la mort…. La côte crève-cœur!
Les motoneiges s’y enlisent, les marcheurs avancent avec peine et misère. La neige, de surcroît, en rajoute à
l’épreuve! Mais notre détermination est plus forte… On finit par arriver de l’autre côté de l’ile à temps pour
monter le campement.


Pendant que les marcheurs et accompagnateurs déjà sur place monte le campement, d’autres 
accompagnateurs à motoneige se lancent au sauvetage de ceux qui sont encore derrière…loin derrière!
Une fois tout le monde rassemblés et les 8 tentes montées, nous nous assoyons tous ensemble autour d’un
bon repas, un bouilli d’orignal aux légumes cuisiné par Nathalie Awashish. Ce festin savoureux et réconfortant
est grandement apprécié de tous!
Nous sommes tous très fatigués. La journée en fut une difficile pour moi qui est en forme et donc pire 
pour les marcheurs. Aujourd’hui, j’ai souffert et, à voir souffrir les marcheurs, J’éprouve une grande
peine qui rajoute à ma souffrance car je
SAIS ce qu’ils ressentent. Malgré tout, le moral est bon car nous savons que demain est un autre jour et 
que notre marche sera plus courte qu’aujourd’hui. Le moral est bon… l’entraide, les amitiés, la solidarité
sont au rendez-vous. L’esprit d’équipe se tisse!


C’est si beau à voir!

 Jour 3 : 
Une journée de mousquetaires!
Nous nous sommes levés ce matin en même temps que le soleil. Train-train matinal; on s’habille et on 
file déjeuner en groupe. Gruau, œufs brouillés et jambon, café et lait au chocolat sont au menu.
 
Tout de suite après, on s’affaire à démonter les tentes. C’est avec satisfaction que je constate que nous 
respectons l’horaire. Après une prière de Nathalie Awashish, nous amorçons la marche prévue pour
aujourd’hui soit 14 kilomètres.
 
La température est sublime; belle condition météorologique, un beau +2 atteint au cours de la journée. 
Je suis bronzé tout comme mes complices! La marche est agréable tout au long de la journée mis à part
la dernière heure durant laquelle
nous marchons dans la gadoue… Oui! Oui! La vraie « slush », celle qui rend la marche pénible et 
trempe nos bottes.
 
Les premiers marcheurs, Éric Hervieux en compagnie d’un jeune de Manawan, arrivent vers 13 heures. 
J’arrive moi-même vers 14 heures et les autres, au plus tard à 15 heures à la Pourvoirie L’Escapade.
Là, nous sommes chaudement
accueillis dans la chaleur du chalet principal par M. Michel Prince et Mme. Carole Rioux qui nous
attendent avec des breuvages divers. Quel bel endroit!! Un chalet principal et 4 plus petits. Nous
décidons dès lors que les femmes occuperont le chalet principal où il y a l’eau courante et les toilettes. Nous
sommes après tout des gentlemans! Les hommes se séparent dans les autres chalets. Le but principal
aujourd’hui : sécher les vêtements et les bottes le plus possible pour éviter le froid et les blessures aux pieds.

Nous nous rassemblons ensuite pour souper pour passer ensuite la soirée au son des tambours 
atikamekws, des tamtams, des prières et des cérémonies du calumet et de purification à la sauge. Nous
terminons cette soirée en partageant

l’expérience que nous vivons tous qui se résume tout simplement par en un travail collectif.
Avant de se retirer chacun dans nos coins respectifs pour la nuit, je prends le rôle que je campe tous 
les jours pour soigner mon monde. Plusieurs marcheurs ont commencé à avoir des blessures aux pieds
: ampoules et hématomes sous-unguéaux font leur apparition. Je soigne 8 personnes pour ces blessures qui
sont fréquentes chez les marathoniens et les marcheurs de longue distance. 

L’esprit d’équipe s’installe… Nous devenons comme les Mousquetaires : « Un pour tous, tous pour un! 
»
 
P.s. : À toutes les familles des marcheurs, sachez que ceux-ci vont bien! Le moral est bon. Toutefois, 
nous souhaitons vos pensées positives et vos prières … Un avis aux âmes généreuses : nous rêvons
de banik comme celle qui donnait du courage et de l’énergie aux ancêtres! S’il est possible d’en faire
parvenir, une bonne dizaine serait tellement appréciée!

Jour 4 : MAMU!

Douce nuit dans la chaleur sèche des chalets!! Nous avons bien dormi. Levée vers 6h30, un bon 
déjeuner, la préparation du bagage…Et voilà, les marcheurs sont en route vers le camp Paul Awashish;
une marche de 23 kilomètres au cours

de laquelle nous emprunterons, par mesure de précaution, les sentiers terrestres, étant donné l’état de
la neige et de la glace sur le lac. La chaleur a amolli la surface du lac rendant ainsi la marche difficile.
 
Pour ma part, je reste derrière. Je dois communiquer avec le dispensaire et la pharmacie de Roberval 
pour commander des médicaments et faire une entrevue téléphonique avec la SOCAM. J’entreprends
donc la marche une heure plus tard.

Malgré la belle température, le périple est néanmoins difficile physiquement…mais aussi moralement! 
Les premiers marcheurs à arriver constatent que seulement trois tentes sont montées! Cette situation
provoque un sentiment de profonde frustration chez les marcheurs épuisés et affamés. L’insatisfaction
est à son comble! Un sentiment d’abandon est palpable. Malgré tout, nous finissons tous ensemble de monter le
reste des tentes à la brunante.

Après le souper, qui consiste de doré et de riz fait par Sonny, un jeune atikamekw, nous décidons de 
faire une réunion, question de purger le sentiment de frustration et qui nous habitent tous, et qui nourrit
l’insatisfaction des uns envers les autres. Après un partage d’opinion franc et honnête, nous sommes en
mesure de voir l’importance qu’a l’entraide dans la misère et le danger de l’individualisme devant l’adversité. La
coopération et la complicité revêt une importance cruciale à la survie. Voilà ce qui a permis à nos ancêtres de
faire courageusement face aux défis et aux  embûches de la vie dans le passé. MAMU! MAMU! (ensemble)
... le meilleur moyen de faire face, avec succès, aux embûches! Oui, la citation «

un pour tous, tous pour un » prend toute sa signification.
 
Ainsi, nous nous couchons le cœur allégé.



Jour 5:La puissance des souvenirs.
Une aventure, qui aurait pu avoir des conséquences désastreuses, a eu lieu durant la nuit.

Je partageais la tente avec Éric Hervieux, Mathieu Robert et Marc-André. Tous le monde dormait sauf 
moi. Soudain, je me suis aperçu qu’une des pattes de notre poêle surchauffait et une fumée dense
envahissait la tente! À toute vitesse,
nous avons ouvert la tente et avons dû faire sortir la fumée qui nous aurait, autrement et à coup sûr,
asphyxiés au monoxyde de carbone. Après un tel branle-bas, nous avons de peine et de misère, réussit
à nous rendormir.

Debout malgré tout à 6h, nous déjeunons ensemble de gruau et de pain. Suite à hier, ensemble nous 
formons le « cercle de partage » pour nous remémorer par des prières nos conclusions de la veille. Les
guides « road-runners » Jean-
Charles, Marc-André et leurs accompagnateurs, de planter, à cinq et à trois kilomètres de la fin du
parcours, des pancartes ayant pour but de nous donner l’espoir et nous encourager à persévérer à voir
la fin du périple quotidien. Les

marcheurs quittent dans un bon esprit de groupe.

Je reste derrière, question de faire quelques appels au dispensaire pour des médicaments. J’avoue que 
mes responsabilités médical, moral et spirituel comme l’épisode de frustration et d’insatisfaction de la
veille qui a bien faillirent mettre en

péril cette expédition me pèse lourd. Ce fardeau en plus du mien rend ma propre journée éprouvante.
Je prie; je marche en pensant à mon grand-père et ma grand-mère… Je regarde le chemin devant moi,
si long et si beau, et je revois mon

enfance avec mes chers grands-parents… je suis alors en état méditatif…et je ne suis plus seul! Je
sens que l’on marche avec moi, ce qui m’apporte une dose incroyable de courage pour affronter les
côtes. Oui, les esprits

m’accompagnent… et aujourd’hui, plusieurs ont ressenti la même chose. Les derniers cinq kilomètres
sont sur une route déneigée et peu donc se faire sans raquettes.

Les premiers marcheurs, Éric et Mathieu Robert, arrivent au but quotidien, à la jonction du Réservoir
Gouin et Haltaparche, en territoire Wemontaci. Là-bas, quatre marcheurs ont sacrifié la marche pour
assurer le montage du camp et, ainsi, 

s’assurer que je camp est prêt à accueillir les marcheurs qui arrivent les uns après les autres. Une
bonne soupe au doré bien chaude et réconfortante accompagnée de banik attendait les arrivants. Ceci
a pour effet de mettre un baume sur

les cœurs et les jambes meurtries. Nous avons fait le « cercle de partage » pour nous féliciter de notre
exploit quotidien. Tout le monde est content.
Pour ma part, Je souffre d’hypothermie et je grelotte; mes bottes et mes bas sont détrempés. Mes 
acolytes, Mathieu Robert et Éric Hervieux m’ont été d’un grand secours. Marc-André a l’idée de faire
chauffer de l’eau, d’en remplir les gourdes et de mettre celles-ci, avec nos vêtements et nos bas, dans les sacs
de couchage et ainsi faire sécher et réchauffer le tout durant la nuit et notre sommeil. J’ai attrapé un rhume.

Nous dormirons dans une tente non-chauffée à une température extérieure de -25!



JOUR 6: Froid, roadrunners… et banik!

Nuit glaciale si il en est une! Je me suis réveillé à 5h :30 ce matin…. Je devais absolument me lever car
je n’en pouvais plus de ce froid! Un lever difficile et, d’après les autres, j’ai toute une allure! J’ai le
visage enflé, mais alors là pas 

n’importe comment! Étant donné qu’en raison d’une côte cassée je dors sur le côté droit, je n’ai que la
moitié du visage enflé. Non! Je ne suis décidément pas à mon avantage en ce sixième jour!
 
Notre « roadrunner » numéro un, Jean-Charles, n’a pas dormi de la nuit. Nous avons dormi dans la 
tente-cuisine où nous avions creusé un trou. L’ami Jean-Charles a décidé de coucher dedans et a
passé la nuit à grelotter de froid!

Il fait beau et si froid! Après déjeuner et lorsqu’on est prêt à partir, nous nous réunissons en observant
les valeurs autochtones. J’invite tout d’abord notre ainé-accompagnateur William Awashish à s’exprimer
et ainsi motiver mon monde. Il 

parle longtemps, en atikamekw, de survie en forêt, de l’importance d’être unis dans la difficulté.
L’importance de la sagesse de l’ainé au sein de notre groupe est palpable; son effet est rassembleur.
William aurait bien aimé marcher lui aussi,

mais pour nous les accompagnateurs sont primordiaux. Les femmes s’expriment après l’ainé.


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