27 juillet 2012

L'animal généreux: Le regard de l'Amérindien




par Michel Noël

André Voilant, un ami innu de Uashat-Maliotenam m'énumère souvent les événements importants qui, encore aujourd'hui, marquent et rythment sa vie. «Selon les saisons, me dit-il, nous les Innus, nous chassons le caribou, l'outarde, le porc-épic, nous péchons le saumon et cueillons des fruits sauvages. Nous savons à quel moment de l'année la chair des animaux est à son meilleur et c'est à ce moment-là que nous la consommons. Nous nous déplaçons constamment pour aller à la rencontre des animaux qui nous nourrissent. Nous utilisons aussi toutes les parties des bêtes : la chair, la graisse, la peau, les bois, les os... Nous ne gaspillons rien.Tout a son utilité, nous en faisons des vêtements, des outils, de la babiche pour le treillis de nos raquettes, la peau de nos tambours. Gaspiller une partie d'un animal serai pour nous, dans notre culture, contrevenir aune
règle sacrée, commettre un sacrilège, ce serait manquer de respect envers l'animal qui, dans
un geste de grande générosité, a accepté de se laisser tuer pour nous nourrir. Voilà ce que les Anciens nous ont toujours enseigné».

Le partage


André ajoute : «Nous les Innus, notre plus grandevaleur, ce que nous privilégions dans la vie,c'est le partage. Lorsque nous tuons un caribou, péchonsune truite, piégeons un castor, notre prise
ne nous appartient pas. Nous ne chassons pas uniquement pour nous. Nous répartissons la
chair entre les membres de notre famille et nous invitons nos amis à s'asseoir à notre table, à manger
avec nous. Si un jour on nous interdit de
chasser ou si les animaux venaient à manquer, nous serions alors obligés d'acheter toute notre nourriture à l'épicerie.Si jamais cela nous arrive,nous perdrions le fondement même de notre culture. Nous ne serions plus les mêmes Innus. Les animaux que nous chassons, la chair quenous partageons, font partie intégrante de nos vies. Je ne crois pas que nous pourrions continuer à exister sans eux et sans nos territoires. Nous connaissons l'histoire de plusieurs peuples qui, déracinés, ont perdu leur langue, leur mode de vie, puis sont disparus à tout jamais.

Le patrimoine


André Voilant est un Innu profondément engagé.Il a consacré sa vie et une longue carrière de peintre, aquarelliste, cinéaste et conférencier à protéger et à promouvoir les immenses riches-ses et l'originalité du patrimoine des Amérindiens du Québec. Lorsqu'il prend la parole, que ce soit par ses oeuvres ou sur des scènes où il est conférencier, André répète : «Nous les Innus, nous chassons avec fierté et satisfaction, car
cette activité millénaire s'inscrit au coeur même de notre histoire, de nos traditions,de notre conception
de la vie et de la mort. Dans nos gestes de chasseurs, nous nous situons dans la continuité
de nos ancêtres, nous savons alors d'où nous venons, qui nous sommes, ce que nous voulons, pour nous et nos descendants. Nous ne chassons pas pour le loisir, pour les trophées et les gros panaches, mais pour assurer notre subsistance, perpétuer nos valeurs, manifester notre attachement aux territoires que nous ont légués nos ancêtres. Nos territoires, les lacs, les rivières, les forêts, les animaux qui y vivent, l'esprit de
nos parents et grands-parents qui y sont toujours présents, sont ce que nous avons de plus précieux,
ce à quoi nous sommes le plus attachés,ce qui donne un sens à notre vie, à notre spiritualité,
à nos luttes pour préserver l'environnement. Nous vivrons longtemps si nous vivons en
harmonie avec la nature, car elle se porterait mieux sans la présence humaine. Le grand Créateur
de toutes choses a été le premier, le plus grand de tous les artistes et il a confié une mission
sacrée à chacune de ses créations : le vent est là pour donner la vie, l'eau pour purifier, les
plantes pour guérir, la terre mère et les animaux pour nourrir. Et le grand Créateur, ajoute André,
prit de la terre dans ses mains et il modela les humains, il souffla dessus de son souffle sacré.
Il créa des hommes et des femmes égaux entre eux et égaux à toutes choses, et il leur donna
comme mission de vivre en harmonie avec la création, de voir à son équilibre et de la protéger
coûte que coûte.


Témoignage



En écoutant ce discours d'André Voilant, certains peuvent avoir l'impression d'être plongés en plein folklore, mais tel n'est pas le cas. Les traditions amérindiennes sont toujours vivantes, bien vivantes ! Et elles se transmettent de génération en génération. Cette affirmation en surprendra plusieurs qui croient que les premiers peuples sont en voie d'extinction. Bien sûr, les relations entre les peuples chasseurs et les animaux ont bien changé au cours des siècles à cause, entre autres, des activités commerciales engendrées dès le XVIe siècle par la traite des fourrures. Les animaux, jusqu'alors nourriciers,ont été en quelque sorte «désacralisés». Mais la traite des fourrures a fait un temps et l'attachement aux croyances et aux traditions est profondément enraciné. Chez les Amérindiens, il y a aujourd'hui une formidable résurgence. La spiritualité
sort enfin de la clandestinité, particulièrement chez les jeunes, qui valorisent le patrimoine et la culture. J'en ai pour preuve non seulement les confidences d'André que je vous rapporte ici en vrac, mais aussi d'éloquents témoignages venant des Algonquins, des Attikameks, des Micmacs, des Naskapis...

Le saumon

Je sais qu'au moment où j'écris ces lignes, les saumons de l'Atlantique se lancent à l'assaut de la Mistashipu. Les familles innus de Uashat-Maliotenam se sont déjà installées sur les rives de la rivière pour se livrer à une des activités les plus importantes de l'année pour eux : la pêche au saumon. Les pêcheurs perpétuent ainsi une tradition millénaire. La pêche est un rituel qui marque la transition vers une autre saison. Ily a des festins, des danses, des chants, le tambour résonnera sur la grande rivière, c'est le makoucham.


L'outarde

En avril dernier, j'ai passé une semaine en compagnie de Grégoire et Marie-Marthe Gabriel, sur
leur territoire de chasse situé au Québec-Labrador. J'y étais juste avant les oies sauvages. Chaque
année, le passage de ces oiseaux migrateurs constitue un des moments les plus forts et les
plus spectaculaires de l'année, beaucoup plus que ne peuvent l'être Noël, le Jour de l'an ou
Pâques. Le village tout entier est pris d'une véritable frénésie. Les outardes constituent le seul sujet de conversation. Elles mobilisent les esprits et les énergies. Les familles se préparent fébrilement à migrer près des lacs et des rivières. La première outarde à se pointer le bec est assurée de passer à l'histoire. Du même coup, les exilés à Québec, Montréal ou même Sept-îles rappliquent pour la semaine. Les clans se forment. Là aussi.de campement en campement, les Anciens battent le tambour pour remercier l'esprit de l'animal pour sa générosité.



Le cas de l'ours

De tous les temps, la relation intime de l'Amérindien et de l'ours a étonné les explorateurs, lescommerçants, les missionnaires et les anthropologues.La plupart de ces ethnologues de la première
heure se sont arrêtés au cas de l'ours, probablement à cause des aspects mystérieux des rituels qui accompagnaient sa mort et sa consommation. L'ours se trouve d'ailleurs au coeur
de la spiritualité de tous les peuples autochtones et la tradition orale, dans ses mythes, ses
légendes, ses récits, ses chansons, en parle abondamment. L'ours est incontestablement un grand héros mythique. Viennent ensuite le caribou (parfois substitué à l'ours), le phoque, le castor, l'outarde, le saumon, le lièvre.Tous ces animaux jouent, selon les régions, un rôle de premier plan dans l'alimentation, les croyances, la spiritualité. L'ours reste, de tous les temps, l'animai sacré par excellence. 11 est aussi investi non seulement d'une très grande force physique,mais aussi et surtout d'une puissance spirituelle redoutable, à tel point que son nom est tabou. Dessiner un ours sur un outil ou un panier en écorce de bouleau en font des objets magiques qu'il faut utiliser avec respect et crainte, puisqu'ils portent l'âme de l'ours. Cet animal, de
parson ossature.sa personnalité,ses comportements et ses habitudes alimentaires, est, en fait, celui qui s'apparente le plus à l'être humain.



Les Amérindiens le considèrent même comme leur ancêtre. La chasse à l'ours se faisait surtout l'hiver. Avant de se lancer dans cette importante expédition, les chasseurs entreprenaient un rituel ponctué de jeûnes, de rêves, de chants au tambour et de prières. Cette cérémonie avait pour but d'entrer en relation intime avec l'esprit de l'ours pour lui expliquer à quoi servira sa mort. Devant la ouache, le chasseur implorait l'ours en ces termes : «Mon ancêtre, sort». La viande était consommée selon un rituel très strict. La nourriture était partagée, la graisse sacrée bue, les os brûlés, le crâne accroché à un mat en signe de respect. Puis, le festin se terminait par des chants et des danses qui étaient des actions de grâce pour remercier l'esprit de l'ours pour sa générosité envers les humains.

Le caribou

Les récits des Anciens, pour qui sait les écouter et les lire,sont remplis de sagesse et d'enseignement. Voici ce qui est arrivé un jour. Les Innuats de ce temps-là traversaient une dure épreuve. Les caribous, essentiels à leur vie, avaient tout à coup déserté leur territoire de chasse. Partout, régnaient la famine et la désolation. La rumeur voulait que ce soit une punition à cause d'un mauvais chasseur qui avait offensé l'esprit de l'animal en gaspillant de la viande. Un soir, au moment où le soleil disparaissait, les enfants furent les premiers surpris par le bruit
des bouillons d'un aviron. Au loin,une ombre se profilait. Un canot fendait l'eau déjà sombre. Un vieil homme osseux, qui avait pour seul bagage un grand tambour rond comme la pleine lune d'août, accosta
.
-Kwé ! Kwé !
-Kwé ! Kwé !


Tous s'assirent en rond dans la grande tente autour du feu. On partagea avec l'étranger une dernière tasse de thé et des racines. Sans un mot, le vieil homme suspendit son tambour au poteau, le tendit d'une main et de l'autre, il fit légèrement vibrer la peau. C'est comme si tout à coup, il s'était mis à grêler sur la toiture, le lac, la forêt. Sa voix douce montait et frissonnait à son tour au même rythme.Toute la forêt des alentours, les vallées, les montagnes, les lacs et les rivières, partout, c'était la plénitude. Les sons se mêlaient au vent,s'enroulaient aux branches des mélèzes, rebondissaient, coulaient dans les ruisseaux et se répercutaient en écho. Les chasseurs furent transportés aux quatre coins de leur territoire de chasse. À l'aurore, dans le matin gelé, le chanteur distribua
les tâches : les hommes au guet rabattraient le troupeau de caribous vers le lac, les femmes se tiendraient à l'orée du sous-bois, prêtes à intervenir. Lui, dans son canot, tuerait les mâles
de sa lance. Blessés, ils iraient mourir sur la rive, aux pieds des femmes. C'est ce qui se produisit. Et ce soir-là, comme beaucoup d'autres soirs au cours des années suivantes, il y eut des réjouissances au camp des Innuats. Les hommes et les femmes dansèrent le makushan en guise d'action de grâce.
Les enfants s'endormirent heureux. Le chasseur de caribous vécut longtemps parmiles Innuats. Assez, dit-on, pour que les petits-enfants de ceux qui l'avaient vu arriver dans son
canot le connaissent aussi. En fait, personne ne savait son âge ni d'où il venait.
Un soir de makushan, à la fin du festin, il fit connaître ses dernières volontés : «Je vais partir. Je veux que mon corps soit déposé dans la toundra au milieu des mousses et des lichens. Je vous laisse pour toujours mes chants et mon tambour.» Au cours de cette nuit de veille, les voix tristes
des hommes et des femmes se mêlaient aux vibrations du tambour. Les vieux chasseurs, les yeux mi-clos, entendaient et voyaient dans leurs songes des milliers de caribous marteler de leurs sabots le pergélisol. Ils soulevaient des nuages de neige grise qui les enveloppaient et se confondaient avec le ciel bas de l'hiver. En couchant le corps dans son lit de mousse, les sages entrouvrirent le cercueil d'écorce de bouleau et de peau pour rendre un dernier hommage à celui qui avait été le chasseur des chasseurs. Et là, ils eurent une grande révélation : sous leurs yeux, le vieil homme au tambour, se métamorphosa. Ses joues se couvrirent de longs poils gris,ses doigts et ses orteils se solidifièrent en sabots noirs, fendus, pointus, et des bois veloutés poussèrent sur son front. L'esprit du caribou s'était fait caribou pour sauver les hommes. Nous savons que la contribution des Amérindiens au monde actuel est considérable dans les domaines de l'alimentation, de la langue.de la médecine, des vêtements, du sport, de la vie au grand air.de l'environnement,etc.Cependant,leur relation hautement spirituelle avec la nature
et la place qu'elle y tient constitue un vaste champ d'études encore malheureusement trop
timidement exploré.


Un terrain pour ainsi dire vierge dont nous ne faisons que commencer à
soupçonner l'originalité, les richesses et l'immensité. Au début de ce texte, je me suis fait le
porte-parole d'un ami innu. J'ai résumé en quelques paragraphes et à ma façon plus de vingt
ans d'échanges, de discussions et de partage. Je crois que seuls les Amérindiens sont en mesure
d'exprimer avec justesse leur conception de la vie et du monde et ainsi, ouvrir des sentiers qui
contribueront à une meilleure connaissance de la nature et au mieux-être des hommes et des
femmes qui l'habitent.Ce travail reste à faire. •


L'auteur dédie son texte à monsieur André Voilant
décédé à Maliotenam au début de juillet 1997.

Pour en savoir plus :
Frank. G. Speck. Naskapi, the savage hunters of the Labrador
peninsula norman. USA : Un. of Oklahoma Press, 1935.
Adrian Tanner. Bringing home animals. Newfoundland :
Memorial University, 1979.

L'oeil amérindien, regards sur l'animal (sous la direction d'Hélène Dionne). Québec/Sillery : Septentrion, Musée de la civilisation, 1991.

Michel Noël. André Voilant, Aquarelles. Roussan éditeur, Collection Teweegan, 1991.

Yvette Barriault. Myf/7es et rites chez les Amérindiens montagnais. Société historique de la Côte-Nord, 1971.

Michel Noël est ethnologue, écrivain et
coordonateur ministériel aux affaires autochtones du ministère de la Culture et des Communications.


26 juillet 2012

Une compagnie minière géante menace la tribu la plus vulnérable du monde


La tribu la plus vulnérable du monde sera en danger immédiat si le nouveau projet de Vale est approuvé.
La tribu la plus vulnérable du monde sera en danger immédiat si le nouveau projet de Vale est approuvé.
© Survival

Le projet d’une compagnie minière géante d’amplifier une voie de chemin de fer qui a déjà favorisé l’invasion de certaines régions d’Amazonie brésilienne expose la tribu la plus menacée du monde à un danger imminent.
La compagnie brésilienne Vale qui détient la plus grande mine de fer du monde, transporte son précieux minerai depuis l’Amazonie jusqu’à l’océan atlantique dans des trains de 2 km de long.
Elle projette aujourd’hui d’étendre son réseau ferré pour permettre à ses trains gigantesques de circuler simultanément dans les deux sens.
L’un des plus longs trains du monde traverse le territoire awá. Le géant minier Vale projette aujourd’hui d’étendre son réseau ferré pour permettre à ses trains de circuler simultanément dans les deux sens. © Survival
Toutefois, la forêt des Awá du Brésil, directement située sur son parcours, expose la tribu à un danger immédiat, particulièrement ceux qui vivent encore dans l’isolement.
Les Awá sont opposés à ce projet. Ils affirment qu’il occasionnera davantage de nuisances sonores, fera fuir le gibier dont ils dépendent pour leur survie et favorisera l’invasion de leur forêt.
Le complexe minier Grand Carajás et sa voie de chemin de fer d’une triste notoriétéont gravement affecté la tribu au début des années 1980 en ouvrant son territoire aux colons, aux éleveurs et aux bûcherons.
Le projet Grand Carajás a gravement affecté les Indiens awá au début des années 1980.
Le projet Grand Carajás a gravement affecté les Indiens awá au début des années 1980.
© Survival
Cependant, en dépit de ce sombre précédent et des récentes contestations du projet d’expansion de la compagnie Vale, les Awá n’ont pas été dûment consultés. La compagnie est partie du principe que cette expansion était inévitable et a proposé de dédommager les Awá.
Cette décision enfreint la législation internationale et le droit brésilien qui exigent que les compagnies consultent les peuples indigènes avant de réaliser des projets qui peuvent les affecter.
En décembre dernier, les employés de Vale ont installé un campement à l’extérieur du territoire awá sans avoir obtenu l’autorisation d’opérer dans la région.
Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘La Banque mondiale et l’Union européenne qui ont financé le projet Carajás ont contribué à la destruction massive de la forêt des Awá. A peine 30 ans plus tard, malgré une voie de chemin de fer déjà en fonctionnement, cet absurde projet d’expansion soumet la tribu et sa forêt à une pression encore plus forte’.
Note aux rédactions :
Vale estime que les opérations seront terminées fin 2016. Si le projet est approuvé, 230 millions de tonnes de minerai de fer seront transportés chaque année, soit 100 millions de plus qu’actuellement.
Près de 30 000 personnes ont soutenu la campagne de Survival en faveur de la tribu la plus menacée au monde depuis son lancement en avril.
Source: Survival France via Wikistrike

25 juillet 2012

Naskapi (nation naskapie) - Aperçu



Documentaire sur la nation Naskapie et de sa communauté « Kawawachikamach » dans le contexte géo-politique de la convention du nord-est québécois. La nation naskapie est très proche de la nation innue. Ces deux nations voisines se partagent beaucoup de choses...

Les communautés Kawawachikamach

Rivière venteuse
Kawawachikamach, qui signifie «rivière venteuse», est une communauté naskapie située sur la Côte-Nord, plus exactement à 15 kilomètres de la ville minière de Schefferville. Quelques 700 habitants demeurent sur le territoire de cette communauté, d’une superficie 41 km. Les principales langues parlées sont le naskapi et l’anglais.
Au cours de l’histoire, les Naskapis ont été relocalisés à maintes reprises. Pendant la première moitié du 20ième siècle, la communauté a été déplacée pour la première fois de Fort Chimo (maintenant Kuujjuaq) à Fort McKenzie en 1915, puis de nouveau à Fort Chimo en 1948, avant d’être installée près de Schefferville en 1956. Une fois dans la région de Schefferville, les Naskapis ont été relocalisés plusieurs fois autour de ce secteur jusqu’à ce que la majorité des Naskapis vote pour une relocalisation à l’emplacement actuel en 1980. La région de Fort McKenzie est encore considérée comme terrain de chasse traditionnel par les aînés Naskapis.
Les activités traditionnelles de récolte ont toujours tenu une place importante dans leur mode de vie. Aujourd’hui, les Naskapis continuent à chasser le caribou et le petit gibier et à pêcher le poisson d’eau douce pour subvenir à leurs besoins.
L’éloignement géographique de cette communauté a incité le Conseil de bande à créer des programmes économiques afin de professionnaliser la main d’œuvre et créer des emplois.
Radio communautaire : CJCK 89,9FM – http://www.naskapi.ca/en/our_community/ckjc.htm

Civilisations perdues d'Egypte (Péchés urbains)

Un bon documentaire qui parle de la sédentarisation et celle des nomades au néolithique 


Civilisations perdues d'Egypte (Péchés urbains) par LPDE


L'égyptologue Kara Cooney analyse l'architecture des premières villes d'Egypte et les problèmes qu'elles ont engendrés alors 
qu'elles étaient censées les résoudre.

Quelques légendes de Tshakapesh


Tshakapesh et le brouillard (inédit)

Texte lu par l’auteur (5:18 min)



Ce jour-là, sa sœur dit à Tshakapesh : « Ne va pas dans la forêt. Un épais brouillard a tout recouvert. Si tu t’aventures dans ce nuage, tu t’égareras. »

Tshakapesh mit la tête dehors et vit ce singulier phénomène. Un nuage était descendu sur tout l’univers et, touffu comme neige, faisait écran, empêchant de reconnaître ce qui était hier encore un paysage familier. Il tourna la tête dans tous les sens et ne put même apercevoir son canot au bord de la rivière ou, plus près encore, le chaudron où on avait laissé mijoter un ragoût de viande.

À peine décelable à prime abord, des sons assourdis et étouffés parvinrent aux oreilles de Tshakapesh. Il s’aperçut que, en tendant l’oreille, on pouvait distinguer quelques bruits familiers dans le brouhaha sonore. Il se mit alors à l’écoute d’un curieux tintamarre fait de cris et de murmures, de musique et de lamentations, de rires et de vents. On y reconnaissait furtivement la complainte lugubre du huard, la basse octave du chant nuptial du crapaud, les battements d’ailes de milliers d’oiseaux, le plongeon du castor, le rythme cadencé du pas de l’ours, et la rumination de troupeaux entiers de caribous; et aussi des voix humaines, du moins en avaient-elles l’apparence, et les sons émis par des bêtes inconnues qui n’appartiennent pas au monde d’ici-bas. Un rythme régulier semblait dominer et donnait à l’ensemble une certaine harmonie à laquelle Tshakapesh n’était pas insensible.

Il resta ainsi un bon moment avec la tête qui sortait de l’abri pendant que, de l’intérieur, sa sœur lui tenait les pieds de peur qu’il ne soit aspiré dans le magma immatériel qui avait pris possession du paysage. Alors Tshakapesh se rendit compte que le rythme derrière le curieux concert était produit par le battement de son propre cœur.

Sortant brusquement de sa méditation, sourd aux conseils de prudence de sa sœur, Tshakapesh enfila ses mocassins, sortit de leur demeure et s’enfonça dans le brouillard.

Alors que les heures passaient, la sœur de Tshakapesh était rongée de remords. « Jamais je n’aurais dû le laisser partir de manière si téméraire pour affronter on ne sait quel danger qui nous aura été amené par ce nuage maléfique », se lamentait-elle. De temps en temps, elle allait jeter un coup d’œil vers l’extérieur espérant apercevoir son frère émergeant de la forêt avec son sac plein de gibier ou amenant son canot sur la rive; mais la nappe de brume était si dense qu’il était impossible de voir à plus d’un pas.

Au bout de longues heures d’angoisse, alors qu’elle regardait une fois de plus dehors, elle vit que le brouillard s’était enfin dissipé. Mais ses pleurs reprirent de plus belle quand de Tshakapesh, elle n’aperçut aucune trace. « Le nuage l’aura emporté loin d’ici et il ne reviendra jamais », se désespérait-elle.

Mais, comme toujours, notre héros reparut au moment où on ne l’attendait plus. Il consola sa sœur et lui expliqua alors ce qu’il venait d’apprendre.

Ce nuage, c’est celui de nos rêves et, durant notre sommeil, il recouvre notre territoire. Nous ne faisions plus attention à lui et il a trouvé ce moyen un peu surprenant pour nous rappeler à nos devoirs. Voici ce qu’il m’a dit : « Je ne vous quitte point et vous indique les sentiers où le gibier viendra se donner à vous en abondance. Dans les jours joyeux, je vous annoncerai les malheurs qui viennent et, grâce à moi, vous pourrez en éviter quelques-uns. Dans les jours sombres, je serai l’espoir d’un avenir meilleur. Devant la maladie, j’inspirerai le remède au rêveur qui saura m’écouter. Et parfois les voix des êtres disparus seront encore audibles quand je serai près de vous.»

Le nuage n’était plus qu’un filet de fumée s’échappant de la pipe de Tshakapesh. Celui-ci prit alors son teueikan et fit entendre le rythme de son cœur à toute la forêt et à toutes les créatures qui y habitent.

Et lui et sa sœur promirent alors de ne jamais abandonner leurs rêves pour de chimériques et passagères réalités.

Terres en vues



 Un autre site web sur Tshakapesh 


Carl et Chantal ont réalisé pour le compte de l'ONF les illustrations du personnage de Tshakapesh et les fonds d'écran du site Web "Innu nimetau" diffusé sur le réseau museevirtuel.ca.

Ce site est "la clé pour saisir la culture innue sous toutes ses coutures..." et permet "l’enseignement continu que les aînés ont traditionnellement fourni aux plus jeunes."
Une production du Musée régional de la Côte-Nord en collaboration avec l'Office national du film (ONF) et les Productions Manitou.

Étant donné l'envergure et la complexité du projet, le site est encore en version béta. On vous tiendra donc au courant de la sortie de la version finale! 

Eric
http://polygonestudio.blogspot.ca/2009/12/tshakapesh-au-musee-virtuel.html



Blog Polygone Studio


Voici le lien pour mieux comprendre qui est Tshakapesh 
http://mondeautochtone.blogspot.ca/2012/02/tshakapesh.html


24 juillet 2012

Les Atikamekws défendent la souveraineté de leurs terres



21 juillet 2012 - Depuis le 26 juin au matin, les chemins forestiers et le chemin de fer du Canadien National (CN) en Haute-Mauricie ont été bloqués, en signe de protestation contre l’exploitation des ressources naturelles de leur territoire ancestral, par les membres de la nation Atikamekws. Les trois conseils de bande de Wemotaci, d’Opitciwan et de Manawan entendent perturber les opérations forestières et de transport de la ressource vers les usines de transformation.

« Nous visons surtout les opérations forestières de Kruger », déclarait le chef du conseil de bande d’Opitciwan, Christian Awashish.
Le territoire revendiqué par les Atikamekws, nommé Nitaskinan, est d’une superficie de 62,000 km², soit environ plus de deux fois la superficie de la ville de La Tuque.

Les négociations entreprises il y a plus de 32 ans entre la nation atikamekw et les gouvernements n’avancent pas. « Depuis trois ans, nous sommes complètement bloqués. Le gouvernement fédéral n’a plus de négociateur. C’est assez ! Trente-trois ans de négociations, c’est inacceptable », affirme le chef Awashish. « Pendant ce temps, le quotidien sur nos communautés n’est pas mieux. Les gens vivent encore dans la pauvreté et nous manquons de maisons pour tout le monde. »

Les demandes des communautés atikamekws

Les trois communautés autochtones désirent être consultées pour l’exploitation des ressources naturelles sur leur territoire ancestral, le Nitaskinan. Ils dénoncent par la même occasion la stagnation de la négociation territoriale globale qui dure depuis 33 ans avec le gouvernement fédéral. Les chefs atikamekws veulent signer avec les gouvernements fédéral et provincial une entente similaire à la Paix des Braves qui permet aux Cris d’obtenir des redevances sur l’exploitation des ressources naturelles.

Douze années après la publication du rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, aucun geste n’a encore été posé. Le rapport disait: « Les Canadiens rejettent le paternalisme du passé et reconnaissent que les autochtones sont les mieux placés pour définir leurs intérêts et en assurer la promotion. »
Le conseil de bande d’Opitciwan demande pour alimenter sa scierie, que Québec lui accorde un volume de bois de 74 000 m³ qui appartient à Kruger. La demande a été faite il y a plusieurs mois. Québec n’a pas accepté cette demande. « C’est la goutte qui a fait déborder le vase », selon le chef du conseil de bande d’Opitciwan, Christian Awashish. Le conseil de bande d’Opitciwan dit que ce refus de discuter de ces demandes l’a poussé à passer à l’action. « Nous passons à une autre étape. On monte la pression d’un cran », soutient le chef C. Awashish. « C’est un geste de désespoir ».

Les autochtones contestent les activités de Kruger, qui s’effectuent sans leur consentement et sans consultation. Les Atikamekws soutiennent qu’ils ne sont pas consultés lorsque vient le temps d’allouer les droits de coupe de bois et qu’ils n’obtiennent aucune compensation financière.

Mobilisation de la communauté face au refus du
gouvernement de défendre leurs droits

Les Atikamekws ont érigé quatre barrages sur des chemins forestiers ainsi que sur le chemin de fer du Canadien National. Ils ont bloqué la route forestière 25 aux kilomètres 61 et 175 ainsi que la route de Clova au kilomètre 30. Ils ne ciblent que les opérations forestières (la coupe et le transport du bois). Les routes sont ouvertes aux vacanciers et aux voyageurs. De même, les trains de passagers de Via Rail peuvent circuler normalement. Les activités des pourvoiries de pêche se déroulent comme d’habitude, sans problème.

Le 10 juillet, les barrages dressés par les communautés Atikamekws en Haute-Mauricie ont été levés pour permettre la tenue de discussions devant mener à des négociations et ce, malgré qu'un camionneur ait foncé sur un de leur barrage. Les membres des trois communautés atikamekws s’étaient réunis le samedi 7 juillet à Wemotaci pour faire le point sur la situation forestière en Haute-Mauricie, et préparer un projet d’entente qui a été présenté au gouvernement du Québec le lundi 9 juillet.

« C’est l’ensemble des enjeux reliés aux ressources naturelles dont on veut débattre », indique le chef Awashish de la communauté d’Opitciwan. « Nous allons donner au gouvernement du Québec une dernière chance de faire preuve d’une nouvelle relation de confiance. C’est au gouvernement à faire la démonstration dans les prochains jours, les prochaines semaines, de s’asseoir avec les Atikamekws et leur donner espoir en un meilleur avenir », a-t-il ajouté.

« Nous ne voulons pas freiner le développement. Au contraire, il faut considérer le développement économique des quelques 5800 Atikamekws », souligne David Boivin, chef de Wemotaci.

Avec un taux de sans-emploi de plus de 60 %, les Atikamekws désirent un règlement rapide.

Pour sa part le ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec, Geoffrey Kelly, a répété que la nécessité de maintenir le dialogue avec les Premières Nations faisait l’unanimité dans toutes les formations politiques.

Les négociations doivent se conclure avec une entente d'ici le 30 août. « Il faudra que le gouvernement négocie sérieusement et respecte l’échéancier du 30 août. Nous n’accepterons pas que le processus traîne », a commenté le chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

Le règlement de ce dossier profiterait à toute la région, les travailleurs comme les compagnies forestières et aux trois communautés atikamekws (Manawan 2400 personnes, Wemotaci 1700 personnes, Opitciwan 2592 personnes).

Il a été démontré que toutes les grandes ententes entre des nations autochtones et les gouvernements ont résulté en une croissance économique cinq fois supérieure de ces régions, a précisé M. Awashish.


Un activiste des droits des Premières Nations a quant à lui dit que « Dans le contexte actuel de la tenue de futures élections provinciales, le Parti libéral vient d’acheter du temps. En repoussant au 30 août prochain l’éventuel règlement de ce conflit, il vient d’écarter une situation embarrassante pour la durée de la prochaine campagne électorale

Photo de droite: « C'est assez, rendez-nous nos terres »

(Photos: LML, Echo de La Tuque, Facebook)

http://www.pmlq.qc.ca/Articles/2012/120720-Attikamekwsbarrage.html

21 juillet 2012

La beauté de notre planète




Chaque image dans cette vidéo est une photographie prise 

à partir de la Station spatiale internationale. 

Tout le crédit va aux équipages à bord de l'ISS. 



Rwanda : des gorilles détruisent le piège qui a tué l'un des leurs


Nous devrons prendre exemple sur eux...

Pour la première fois, des gorilles rwandais ont été observés en train de détruire les pièges de braconniers. Quelques jours auparavant, un de ces pièges avait tué l'un des leurs.

Les gorilles sont non seulement intelligents mais aussi solidaires entre eux. C'est ce que prouve l'observation effectuée mardi dernier par le Dian Fossey Gorilla Fund. Quelques jours après la mort d'un jeune gorille dans un piège de braconnage, deux gorilles des montagnes, âgés d'à peine quatre ans, ont été aperçus travaillant de concert pour détruire les pièges des braconniers. Les deux jeunes courageux, prénommés Dukore et Rwema, ont anéanti le piège dans leur propre forêt d'habitation.

"Aujourd'hui, notre équipe présente sur le terrain a observé plusieurs jeunes gorilles du groupe Kuryama détruisant des pièges !", raconte Veronica Vecellio, la coordinatrice du programme pour les gorilles du Dian Fossey Gorilla Fund au Karisoke Research Center, qui était elle-même dans la réserve lorsque l'évènement a eu lieu. "John Ndayambaje, notre coordinateur des données de terrain, a raconté qu'il a vu un piège très proche du groupe; comme les gorilles se déplaçaient en direction du piège, il a décidé de le désactiver", rapporte t-elle.

Mais "Vuba, un gorille au dos argenté, lui a grogné dessus (un signe d'avertissement) et au même moment, les jeunes Dukore et Rwema, ainsi que Tetero au dos noir, ont couru vers le piège et ont détruit ensemble la branche utilisée pour tenir la corde. Ils ont vu un autre piège à proximité et, aussi rapidement que précédemment, ils ont détruit la seconde branche et tiré la corde sur le sol", poursuit-elle encore.
Une observation inédite

Or, Vecellio a déclaré que ce comportement n'avait encore jamais été observé : "C'est la toute première fois que nous avons vu des jeunes faire cela". "Je ne connais aucun autre rapport dans le monde faisant état de jeunes détruisant des pièges. Nous avons la base de données la plus large et sommes les plus grands observateurs de gorilles sauvages...donc je serais vraiment surprise si quelqu'un d'autre avait vu cela. Aujourd'hui, nous pouvons fièrement conclure que les gorilles font aussi leur travail !", s'est elle enthousiasmé pour le National Geographic.

L'équipe du parc était encore sous le choc de la mort d'un jeune gorille nommé Ngwino, attrapé dans un piège la semaine dernière. Le jeune animal a été retrouvé trop tard par des travailleurs du Karisoke Research Center et est mort de blessures liées à sa tentative de capture. Une de ses épaules s'est disloquée lorsqu'il a tenté de s'échapper du piège et une gangrène s'est installée après que les cordes ont coupé sa jambe très profondément.

Les chasseurs de viande de la brousse posent des milliers de pièges à base de cordes et de branches dans le Volcanoes National Park rwandais, où vivent les gorilles des montagnes. Les braconniers construisent les pièges en liant le noeud d'une corde à une branche ou une tige de bambou. Ils tirent ensuite la branche vers le bas, pour la faire plier. Puis, ils se servent d'un bâton plié ou d'un rocher pour accrocher le noeud au sol, maintenant la branche tendue et camouflant le tout sous une légère couche de végétation.
Quand un animal fait bouger le bâton ou le rocher, la branche saute vers le haut, refermant le noeud autour de la proie. Si la créature est assez légère, elle est en fait hissée dans les airs. Pour venir à bout de ce piège, nos deux jeunes gorilles ont ainsi agi en collaboration. Rwema a sauté sur la branche pliée et l'a cassée, pendant que Dukore a libéré le noeud.

Des gorilles "très ingénieux"

En vérité, les pièges sont destinés aux antilopes et autres espèces mais ils capturent parfois accidentellement des singes. Les adultes sont alors assez forts pour se dégager mais les jeunes restent souvent prisonniers. D'après Vecellio, les chasseurs ne semblent pas être intéressés par les gorilles. Pourtant, même les petits singes pourraient facilement être vendus mais les braconniers les laissent mourir. Tous les jours, des traqueurs du Karisoke Research Center passent la forêt au peigne fin afin de démanteler les pièges pour protéger les gorilles des montagnes menacés. Le International Fund for Nature (IUCN) dit faire face à "un très haut risque d'extinction des gorilles sauvages".

Vecellio pense que les gorilles ont surement démantelé d'autres pièges. En effet, d'après elle : "Ils étaient très confiants. Ils ont vu ce qu'ils avaient à faire, l'ont fait et sont ensuite partis. Très ingénieux". Malgré le caractère sans précédent de l'évènement, la coordinatrice s'est déclarée peu surprise par le rapport. Elle se dit pourtant "toujours stupéfaite et très fière de pouvoir confirmer que [les gorilles] sont très intelligents".
Le vétérinaire Mike Cranfield, directeur exécutif du Mountain Gorilla Veterinary Project, s'est également révélé bouleversé par la nouvelle : "Les chimpanzés passent toujours pour être de simples utilisateurs d'outils, mais je pense que, quand la situation le nécessite, les gorilles sont très ingénieux". Cranfield suggère que les gorilles ont dû apprendre à détruire les pièges en regardant les traqueurs du Karisoke Research Center, ajoutant même : "S'il pouvait y avoir plus de gorilles faisant cela, ce serait vraiment bien".
Pour en savoir plus sur la lutte du Dian Fossey Gorilla Fund, rendez-vous sur le site : http://gorillafund.org/

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