27 octobre 2012

Spécial Halloween : la première histoire d'horreur de tout les temps

La Divine Comédie

La référence pour ce qui attrait à l'enfer 
Fichier:Inferno.jpg
La Comédie ou La Divine Comédie (en italien Commedia /komˈmɛdja/ ou Divina Commedia /diˈvina komˈmɛdja/ : l'adjectif Divina (Divine) attribué par Boccace, se retrouve seulement à partir de l'édition imprimée en 1555 par Ludovico Dolce), est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine. Composée, selon la critique, entre 1307 et 13211, la Commedia est l'œuvre de Dante la plus célèbre et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale. Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l'un des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale de tous les temps2

Géographie 


Dans la Divine Comédie, la Terre est fixe au centre de l'Univers. Autour d'elle tournent les neuf cieux :

  • Les sept cieux des planètes.
  • Le ciel des étoiles fixes.
  • Le premier mobile (ou ciel cristallin).
  • Les cinq premiers cercles à l'extérieur de la cité de Dité.
  • Les quatre derniers cercles à l'intérieur de la même cité.
  • Le rivage de l'île.
  • L'Antépurgatoire.
  • Les sept terrasses.






L'Enfer


Au-delà, se trouve l'Empyrée.
Le Diable est au centre de la Terre. Sa chute a creusé une cavité conique dont l'axe passe par Jérusalem ; c'est l'Enfer, compartimenté en neuf cercles :
Un chemin caché mène de la demeure du Diable à une île, 

Le récit de l' Enfer, la première des trois parties, s'ouvre avec un chant introductif (qui sert de préambule à l'ensemble du poème) dans lequel le poète Dante Alighieri raconte à la première personne son égarement spirituel : il se représente « dans une forêt obscure »allégorie du péché, dans laquelle il se retrouve parce qu'il a perdu « la route droite », celle de la vertu (il faut se souvenir que Dante se sent coupable, plus que quiconque, du péché de luxure lequel est toujours présenté, dans l'Enfer et le Purgatoire, comme le moins lourd des péchés). Cherchant à en trouver l'issue, le poète aperçoit une colline illuminée par la lumière du soleil ; tentant d'en sortir pour avoir une perspective plus large, son avance est entravée par trois bêtes féroces : une lonce (lynx), allégorie de la luxure, un lion, symbole de l'orgueil et une louve représentant l'avarice, les trois vices à la base de tous les maux. La frayeur que lui inspire la louve est telle que Dante tombe en arrière le long de la pente.
Fichier:Gustave Dore Inferno1.jpgEn se relevant il aperçoit l'âme du grand poète Virgile auquel il demande de l'aide. Virgile lui révèle que pour arriver au sommet de la colline et éviter les trois bêtes féroces, il faut prendre une route différente, plus longue et plus pénible, à travers le bien et le mal, et prophétise que la louve sera tuée par un mystérieux vautre8,9. Le poète se présente comme l'envoyé de Béatrice, la jeune femme (morte à seulement vingt-quatre ans) aimée par Dante, qui avait intercédé auprès de Dieu afin que le poète fût libéré de ses péchés. Virgile et Béatrice sont ici les allégories de la raison et de la théologie : le premier en tant que poète le plus sage de l'antiquité classique, la seconde parce qu'elle est un moyen d'accès vers le créateur (scala al fattore), selon la vision élaborée par Dante dans la Vita Nuova.

Depuis la colline de Jérusalem sur laquelle se trouve la forêt, Virgile conduira Dante à travers l'enfer et le purgatoire parce qu'à travers ce voyage, son âme pourra se relever du mal dans lequel elle était tombée. Puis Béatrice prendra la place de Virgile pour guider Dante au paradis. Virgile, dans le récit allégorique, représente la raison, mais la raison ne suffit pas pour arriver à Dieu ; la foi est nécessaire et Béatrice représente cette vertu. Virgile en outre n'a pas connu leChrist, il n'est donc pas baptisé et il ne lui est de ce fait pas permis de s'approcher du royaume du Tout-Puissant.


Virgile, mandé par Béatrice, qui vient chercher le poète, va le mener par l’Enfer, seule sortie de cette forêt. Dante et Virgile vont alors descendre à travers neuf cercles concentriques dans chacun desquels sont logés, par ordre de vice, les occupants de l’Enfer. Ici se succèdent des personnages célèbres, comme Virgile ou Ulysse, et des personnages côtoyés par Dante et envoyés en Enfer en châtiment de leurs péchés. Leurs supplices sont décrits, par ordre croissant à mesure que l’on descend vers le fond de l’Enfer, qui est aussi le centre de la Terre. Cette partie du voyage se termine par la rencontre avec Lucifer, sur lequel Dante et Virgile sont forcés de grimper pour sortir de l’Enfer, « et revoir les étoiles ». Dans la géographie dantesque l'enfer se présente comme un abîme en forme d'entonnoir. Lucifer l'a creusé dans sa chute sous la ville de Jérusalem, c'est pourquoi il se trouve vissé au centre de la Terre. Les âmesdes damnés sont envoyées selon leurs péchés dans l'un des neuf cercles infernaux. Plus leur faute est grave, plus ils tombent bas et plus leur châtiment est pénible. Les châtiments attribués sont en rapport (par analogie ou par contraste) avec le péché commis selon la loi du contrapasso.
Le véritable voyage à travers l'Enfer commence au Chant III (dans les précédents Dante exprime auprès de Virgile ses doutes et ses craintes au sujet du voyage qu'ils vont accomplir). Dante et Virgile se trouvent sous la ville deJérusalem, devant la grande porte sur laquelle sont gravés les célèbres vers qui ouvrent ce chant. Le dernier : « Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate » (« Laissez toute espérance, vous qui entrez »), inspire de nouveaux doutes et de nouvelles peurs à Dante, mais son maître, guide et ami lui sourit et le prend par la main car ils doivent désormais avancer. Dans ce lieu hors du temps et privé de lumière, l'Ante-enfer, errent pour toujours les indolents, ceux qui, dans la vie, n'ont pas voulu prendre position et sont maintenant considérés comme indignes aussi bien de récompense (Paradis) que de châtiment (Enfer) ; un peu plus avant, sur la rive de l'Acheron (premier fleuve infernal), se tiennent provisoirement les âmes qui doivent rejoindre l'autre rive, attendant que Caron, le premier gardien de l'Enfer, les pousse dans sa barque et les fasse traverser.
L'enfer dantesque est imaginé comme une série d'anneaux numérotés, toujours plus étroits au fur et à mesure de leur succession dans la série, l'ensemble formant un cône renversé ; l'extrémité la plus étroite correspond au centre de la Terre et est entièrement occupée par Lucifer qui, mouvant ses immenses ailes, produit un vent glacial : la glace est la peine maximale. Dans cet Enfer, à chaque péché correspond un cercle et chaque cercle est plus profond que le précédent et plus proche de Lucifer ; plus lourd est le péché, plus grand sera le numéro du cercle auquel il renvoie.

Au-delà de l'Acheron se trouve le premier cercle, les limbes. Ici se trouvent les âmes pures qui ont vécu dans le bien mais n'ont pas reçu le baptême ; sont aussi ici - dans un lieu à part dominé par un « nobile castello » (un noble château) - les anciens « spiriti magni » (les plus grands esprits, dont fait partie Virgile lui-même), ceux qui accomplirent de grandes œuvres pour le plus grand bénéfice du genre humain. Après les limbes, Dante et son maître pénètrent dans l'Enfer proprement dit. À l'entrée se tient Minos, le second gardien de l'Enfer qui, en juge équitable, indique dans quel cercle infernal chaque âme devra expier sa peine. Passé Minos, Dante et Virgile se retrouvent dans le second cercle, ou sont punis les luxurieux : parmi eux se trouvent les âmes de SémiramisCléopâtre et Hélène de Troie. Les vers du cinquième chant qui racontent l'histoire de la passion amoureuse de Paolo e Francesca10 sont restés particulièrement célèbres. Aux luxurieux, accablés par le vent, succèdent dans le troisième cercle les gourmands ; ceux-ci sont immergés dans une fange puante, sous une pluie sans trêve, mordus et griffés par Cerbère, troisième gardien de l'Enfer ; dans le quatrième cercle se trouvent ensuite les avares et les prodigues, divisés en deux groupes destinées à s'affronter éternellement en roulant des tas de pierres tout autour du cercle.
Dante et Virgile rejoignent ensuite le cinquième cercle, devant le Styx, dans les eaux boueuses duquel sont punis les coléreux et les indifférents. Les deux poètes sont transportés sur la rive opposée par la barque de Phlégias, quatrième gardien de l'Enfer. Là se dresse la ville de Dité (sixième cercle), dans laquelle sont punis les pécheurs conscients de leur péché. Devant la porte fermée de la ville, les deux amis sont bloqués par les démons et les Érinyes ; ils n'entreront que grâce à l'intervention de l'archange Michel et verront alors comme sont châtiés ceux « che l'anima col corpo morta fanno » (« qui font mourir l'âme avec le corps »), c'est-à-dire les épicuriens et les hérétiques parmi lesquels ils rencontrent Farinata degli Uberti, l'un des personnages de l'Enfer dantesque les plus fameux.
Au-delà de la ville, le poète et son guide descendent vers le septième cercle le long d'un ravin escarpé (l'« alta ripa »), au fond duquel se trouve le troisième fleuve infernal, le Phlégéthon, un fleuve de sang en ébullition. Ce fleuve constitue le premier des trois « girons » qui divisent le septième cercle ; y sont punis les violents parmi lesquels le Minotaure tué par Thésée avec l'aide d'Ariane. Sur l'autre rive du fleuve se trouve le second giron que Dante et Virgile rejoignent grâce à l'aide du centaure Nessos ; ici se tiennent les violents contre eux-mêmes, les suicidés transformés en arbustes secs, éternellement déchirés par les Harpies ; parmi eux se trouve Pier della Vigna) ; dans le second giron également sont les gaspilleurs, poursuivis et dévorés par des chiennes. Le troisième et dernier giron, est une lande brûlante où séjournent les violents contre Dieu, la nature et l'art mais aussi les blasphémateurs, les sodomites (parmi lesquels Brunetto Latini) et les usuriers. Dante consacrera un nombre important de vers, du Chant XIV au Chant XVII.

Après le septième cercle, Dante et Virgile descendent par un burrato (ravin) sur le dos de Géryon, le monstre infernal au visage humain, aux pattes de lion, au corps de serpent et à la queue de scorpion. Ils rejoignent ainsi le huitième cercle appelé Malebolge, où sont punis les fraudeurs. Le huitième cercle est divisé en dix bolge (bolges11) ; chaque bolge est un fossé circulaire. Les cercles sont concentriques, creusés dans la roche et descendant en terrasses vers le bas. À leur base s'ouvre le « Pozzo dei Giganti » (le « puits des Géants ». Dans les boges sont punis les ruffians et séducteurs, adulateurs et flatteurs, fraudeurs et simoniaques, devins et ensorceleurs, concussionnaires, hypocrites, voleurs, conseillers fourbes - parmi lesquels Ulysse et Diomède. Ulysse raconte aux deux voyageurs son dernier périple ; Dante, qui ne connaissait pas la prédiction de Tirésias sur la mort d'Ulysse en invente la fin dans un gouffre maritime au-delà des colonnes d'Hercule, symbole pour Dante de la raison et des limites du monde. Se rencontrent encore les semeurs de scandale et de schisme et les faussaires - dont, dans la dixième boge, le « folletto » Gianni Schicchi ; enfin, les deux poètes accèdent au neuvième et dernier cercle, où sont punis les traîtres.
Fichier:Inferno Canto 1 leopard.jpgCe cercle est divisé en quatre « zone », couvertes par les eaux gelées du Cocyte ; dans la première, appelée « Caina » (de Caïn qui tua son frère Abel), sont punis les traîtres à la parenté ; dans la seconde, « Antenora » (d'Anténor, qui livra le palladium de Troie aux ennemis grecs), se tiennent les traîtres à la patrie ; dans la troisième, la « Tolomea » (du roi Ptolémée XIII, qui, au temps de César tua son hôte Pompée), se trouvent les traîtres à leurs hôtes, et enfin, dans la quatrième, « Giudecca » (de Judas, qui trahit Jésus), sont punis les traîtres à leurs bienfaiteurs. Dans l'Antenora, Dante rencontre le Comte Ugolin qui raconte son enfermement dans la « Torre della Muda » avec ses fils et leur mort de faim. Enfermement et mort ordonnés par l'archevêque Ruggieri. Ugolin apparaît dans l'Enfer autant comme un damné que comme un démon vengeur rongeant éternellement la tête de son bourreau. Dans la dernière zone se trouvent les trois grands traîtres : CassiusBrutus et Judas ; leur peine consiste à être broyés par les trois bouches de Lucifer qui demeure en ces lieux.
Descendant le long de son corps velu, Dante et Virgile atteignent une grotte où ils trouvent quelque escalier. Dante est étonné de ne plus voir le dos de Lucifer et Virgile lui explique qu'ils se trouvent dans l'hémisphère austral. Quittant la« natural burella », ils prennent enfin le chemin qui les conduira à la plage du Purgatoire, à la base de laquelle ils sortiront bientôt « a riveder le stelle ».

25 octobre 2012

La création de l'homme selon quelques peuples

Chez les Mayas

Le livre sacré des Mayas, raconte la création de l'homme en trois étapes.

La première fois, il fut fabriqué à partir de boue, mais il était tout mou, n'avait pas de tenue et tombait. Il ne bougeait pas la tête, ne voyait rien, et son visage s'écrasait d'un côté. Au début, il parlait, mais n'avait pas de conscience. Finalement imprégné d'humidité, il se défaisait, et les dieux décidèrent de le détruire.

Lors de la seconde création, les dieux décidèrent de faire un homme de bois et une femme en roseaux. Ceux-ci voyaient, pouvaient se multiplier, mais leur peau était jaune, leurs traits inexpressifs, et ils n'avaient pas d'âme. Comme ils ne se souvenaient pas de leurs créateurs, ils furent noyés par les dieux sous un déluge ou dévorés par des démons. Quelques uns survécurent au massacre. Ce sont eux qui devinrent les singes.

La fois suivante, quatre hommes et quatre femmes furent créés à partir de maïs jaune et blanc. Ces hommes étant très sages, les dieux eurent peur qu'ils ne deviennent leurs égaux. Pour remédier à cela, ils leur soufflèrent de la vapeur dans les yeux, afin de faire diminuer leur sagesse. Cette fois, la création fut une réussite.
C'est ainsi que naquit l'ancêtre des Mayas.

Le livre sacré des Quichés, l'un des nombreux groupes mayas, a été découvert à Chichicastenango (dans les archives de la paroisse de Santo Tomás) par le père dominicain Francisco Ximénez au tout début du 18ème siècle. Ce manuscrit de Popol Vuh comporte deux parties, la première offrant un compte-rendu allégorique des débuts de la race humaine et la deuxième présentant une histoire de la nation quiché.


Aux Indes, on raconte la légende suivante:

Après avoir achevé la création de l’homme, le Créateur découvrit qu’il avait utilisé tous les éléments concrets et qu’il ne restait plus rien de solide, plus rien de compact pour créer la femme.

Après avoir longtemps réfléchi, le Créateur prit la rondeur de la lune, la souplesse de la vigne vierge, le frémissement du gazon, la finesse du roseau, la beauté d’une fleur épanouie, la légèreté de la feuille, la sérénité du rayon de soleil, les pleurs des nuages, l’instabilité du vent, la timidité du lièvre, la fierté du paon, le doux plumage de l’oiseau, la dureté du diamant, la douceur du miel, la cruauté du tigre, la chaleur ardente du feu, le froid de la neige, le bavardage de la pie, le doux chant du rossignol, la fausseté d’une grue et la fidélité d’une lionne. En faisant la synthèse de tous ces éléments, le Créateur créa la femme et la donna à l’homme.

Au bout d’une semaine, l’homme revint et Lui dit: « Seigneur, la créature que tu m’as donnée, me rend la vie pénible. Elle parle sans arrêt, me tourmente d’une façon intolérable et ne me laisse aucun repos. Elle insiste pour jouir de ma compagnie toute la journée et me fait perdre tout mon temps. Elle se met à pleurer pour chaque peccadille et mène une vie de parasite. Je viens te la rendre, car je ne peux plus vivre avec elle ».

« Très bien », répondit le Créateur. Et, il reprit la femme.

Une semaine plus tard, le voilà qui revient: « Seigneur, ma vie est si vide depuis que je t’ai rendu cette créature! Je ne fais que penser à elle… Je la revois danser, chanter, me regarder du coin de l’oeil, bavarder avec moi et venir se serrer contre moi. Elle était si belle à voir, si douce au toucher. J’aimais entendre son rire joyeux. Oh! je t’en prie, rends-la moi, Seigneur ».

« Très bien », dit le Créateur.

Trois jours plus tard, l’homme revient une fois de plus: « Seigneur, je ne peux plus comprendre. Je ne sais t’expliquer; mais le fait est qu’après toute mon expérience avec cette créature, j’en suis venu à la conclusion qu’elle me cause plus d’ennui que de plaisir. Je t’en prie, reprends-la. Je ne peux vraiment pas vivre avec elle ».
Le Créateur lui répondit: « Mais, tu ne peux pas vivre sans elle, non plus », tournant le dos à l’homme, Il continua son travail.

L’homme de s’écrier, en proie au désespoir: »Que dois-je faire? Je ne peux pas vivre avec elle, et pourtant je ne peux pas vivre sans elle ».

Morale de cette histoire:

L’Amour est un sentiment qui soit s’apprendre. Il s’agit d’une tension et d’un accomplissement. Il est aspiration profonde et hostilité. Il implique à la fois de la joie et de la douleur. L’un ne va pas sans l’autre. Le bonheur n’est qu’une partie de l’amour. C’est ce qui doit s’apprendre. La souffrance appartient aussi à l’Amour. C’est là que réside tout le mystère de l’amour, sa beauté et son fardeau.

L’épopée de GILGAMESH

Légende Sumérienne

GILGAMESH est le plus ancien écrit retrouvé au monde. Il s’inspire de récits mythiques datant de 5 à 6.000 ans. GILGAMESH était Sumérien. La première dynastie bâtit KISH ; GILGAMESH, le cinquième roi de la deuxième dynastie bâtit les murailles d’OUROUK.
C’était un surhomme composé d’un tiers d’humain et de deux tiers de divin. Géant violent, il fut un souverain omniscient et tout puissant, qui exerçait son pouvoir aux dépends des habitants d’OUROUK que les dieux finirent par prendre en pitié. Ils décidèrent de créer sur Terre un autre homme aussi beau et fort que GILGAMESH.


ANU le grand dieu appela NINTU (ARURU) la déesse qui avait créé la multitude humaine et lui dit :« Crée maintenant un être à l’image de GILGAMESH, qu’il puisse se mesurer à lui. Qu’ils rivalisent l’un et l’autre, et qu’OUROUK soit en repos ! ».

(NINTU était, dans les textes Sumériens originels, la Déesse Mère, qui, après la domination des dieux mâles, a été réduite à la fonction de Déesse de la Fécondité).
ARURU prit de l’argile, la malaxa en pensant à l’image du grand dieu, puis la jeta dans la steppe. Ainsi fut créé ENKIDU (« né sur les steppes ») le vaillant, rejeton d’argile. Il est velu et pourvu d’une chevelure de femme. Il ne connaît ni peuple ni patrie.
« Il est nu et c’est avec les gazelles qu’il broute l’herbe, avec les hardes il se presse à l’abreuvoir ».


Un chasseur aperçut ENKIDU et fut effrayé, et se précipita pour prévenir GILGAMESH qui lui dit : « Prends avec toi une courtisane, une fille de joie. Emmène-là devant le sauvage, qu’elle enlève ses vêtements et offre ses charmes. Dès qu’il s’allongera sur elle, il s’imprègnera de son odeur, sa harde lui deviendra hostile et l’abandonnera ».

Ainsi fut fait. Dès qu’ENKIDU eut assouvi sa volupté, il tourna son visage vers sa harde, mais en le voyant, les gazelles détalèrent. ENKIDU se sentait plus faible, fatigué. Mais il avait acquis de l’intelligence. Il contempla la courtisane, et il compris ce qu’elle lui disait : « Tu es beau ENKIDU, pourquoi rester avec les bêtes ? Viens avec moi à OUROUK, là où règne GILGAMESH, celui qui surpasse tous les hommes en force. »

ENKIDU dit : « Je veux le provoquer, lui lancer un défi ».

Et en effet GILGAMESH et ENKIDU luttèrent durant plusieurs jours, mais sans que l’un ne puisse vaincre l’autre. Alors, ils se serrèrent la main, et devinrent de grands amis. Mais plus tard, alors qu’ils allaient dans la forêt des Cèdres pour ramener ce bois précieux à OUROUK, ils durent lutter contre HUMBABA, le gardien de la forêt.
Ils le tuèrent, mais HUMBABA était le protégé des dieux. Pour punir GILGAMESH, ils firent mourir ENKIDU.
Alors GILGAMESH ne cessa de pleurer son ami ENKIDU. Il se mit à craindre la mort. Il veut rencontrer le seul homme devenu immortel par la grâce des dieux après le déluge : ATRAHASIS (NOE).
Les conseils d’ATRAHASIS ne permirent pas à GILGAMESH d’acquérir l’immortalité : « Pourquoi rôdes-tu ainsi GILGAMESH ? La vie sans fin que tu recherches, tu ne la trouveras jamais. Quand les dieux ont créé les hommes, ils leur ont assigné la mort, se réservant l’immortalité à eux seuls. Toi, plutôt, remplis-toi la panse ; demeure en gaieté jour et nuit ; fais quotidiennement la fête ; danse et amuse-toi ; accoutre-toi d’habits bien propres ; lave-toi, baigne-toi ; regarde tendrement ton petit qui te tient la main ; fais le bonheur de ta femme serrée contre toi ! car, telle est l’unique perspective des hommes ! ». 

Mais ATRAHASIS lui révéla le secret de la création de l’humanité.

Le poème d’ATRAHASIS, le Super Sage, explique que l’homme n’existait pas encore lorsque les Célestes descendirent sur Terre, il y a 450.000 ans environ. Ces Célestes s’installèrent entre le TIGRE et l’EUPHRATE. Ils étaient répartis en deux groupes :

Le groupe des dieux dirigeants du monde d’en bas : les ANUNNAKI. ANU le fondateur de la dynastie divine était leur roi, il résidait en permanence dans son « palais céleste », et présidait le Conseil des Grands Dieux. Parmi ces Grands Dieux, ENLIL était le Souverain et détenait l’autorité sur la Terre. ENKI le Prince, dit l’Ingénieux, avait fonction d’expert en toutes choses.

Le second groupe formait celui des dieux laborieux : les IGIGI. Environ 3600 ans (certains disent 40 SHARS soit 144.000 ans) après l’arrivée des dieux sur la Terre, les IGIGI en eurent assez de travailler.
ANNUGAL, leur chef, s’adressa ainsi aux autres IGIGI : « Avons-nous traversé l’Univers pour ainsi nous éreinter à la tâche ? Pendant ce temps ANU se prélasse en son vaisseau céleste, et les grands dieux nous imposent mille corvées…Considérable est notre besogne, infini notre labeur : nous excavons les cours d’eau, nous ouvrons des canaux, nous vivifions la terre, nous entassons des montagnes, nous aménageons le grand marécage méridional…Allons exprimer nos revendications à ENLIL ; n’est-il pas le souverain chargé de la gestion de la Terre ?! Allons le tirer de son lit douillet. Et pour montrer notre détermination, avant d’envahir son palais, détruisons nos machines ».

Le vacarme et les vociférations des IGIGI, ne mirent pas longtemps à réveiller NUSKU, le page d’ENLIL : « Réveille-toi ô ENLIL mon Seigneur, ton palais est cerné, le combat fait rage jusqu’à ta porte ».

ENLIL vert de peur : « Comment est-ce possible NUSKU mon page, que se passe-t-il, qu’allons-nous faire ? »





NUSKU : « ENLIL, ne sois pas effrayé de la sorte, ce ne sont que tes propres enfants. Que peux-tu craindre de leur part ? Il faut pourtant prévenir ANU, le Roi du Ciel et ENKI le prince ».

ENLIL : [/b]« Tu as raison NUSKU, qu’on réunisse le Conseil des Grands Dieux ».
A l’assemblée des Grands Dieux, ENLIL expose les faits. Les IGIGI sont loin, en bas sur la Terre, et ENLIL a repris de l’assurance.

ENLIL : « Les IGIGI se sont révoltés contre moi, c’est à moi de les combattre ! »

ANU : « Pour quelle raison les IGIGI ont-ils assiégé ton palais ? »

ENLIL : « ANNUGAL les a poussés à la révolte. Il déblatère et récrimine contre les corvées. Il trouve la besogne trop lourde et le labeur infini. »

ANU : « Qu’est-ce qui leur prend ? Cette révolte est inadmissible ! Qu’en penses-tu ENKI ? »

ENKI : « Les IGIGI sont des nôtres. Ils ont abattu ces derniers temps, un travail considérable pour dévier les cours du TIGRE et de l’EUPHRATE. Toutes les tâches reposent sur eux, et les chantiers futurs ne sont pas moins importants. Les IGIGI sont fatigués, découragés, c’est compréhensible. Nous avons manqué de vigilance. Il était peut-être de notre rôle de les soutenir. Nous aurions dû imaginer quelque solution pour les soulager. Je pense que nos connaissances, nous permettent de créer des êtres à notre image (des LULU : des Primitifs ; des LULU AMELU : des travailleurs primitifs ; des AVILUM : des travailleurs de force.) pour assurer ces corvées, et ainsi libérer nos frères. Nous aurions dû y penser plus tôt ! Cette créature dont vous avez prononcé le nom – elle existe ! Apposez sur elle, l’image des dieux. ADAPA, l’homme parfait sera son nom, (ou ADAM ou HOMO SAPIENS, selon les époques) ! ».

NOTA BENE : Que l’homme ait été créé serviteur des dieux, n’étonnait en rien les peuples anciens. Le dieu était seigneur, souverain, roi, gouverneur, maître. Le mot traduit communément par « vénérer » était en fait « AVOD » qui signifie « travailler ». L’homme ancien ne « vénérait » pas son dieu, dans le sens « d’adorer », mais au contraire il travaillait pour lui.

ANU : « NINTU (ou NINHOURSAG), toi qu’on appelle MAMMI, la Sage Femme des dieux, MAMMI l’Experte, tu seras la matrice à produire les hommes. Produis-nous un prototype humain capable d’assurer les corvées des dieux ! ».

NINTU : « Par moi seule cela ne peut se faire. ENKI l’Ingénieux devra me fournir l’argile purifiée ».

ENKI : « Je donnerai cette argile à NINTI, la Déesse Mère, afin qu’elle associe du dieu et de l’homme. Cela est réalisable, mais c’est au Conseil de Grands dieux d’en décider ».

L’assemblée ayant donné son approbation, NINTU, la Dame de la Naissance, mélange l’argile au sang de deux dieux mis à mort. Deux dieux qui s’étaient rebellés contre MARDOUK, le fils d’ENKI, et contre les autres dieux. Des dieux condamnés par l’assemblée divine, des dieux déchus. Dans l’argile, dieu et homme seront liés, en une unité réunis ; si bien que, jusqu’à la fin des jours la Chair et l’Ame qui, dans un dieu, ont mûri – cette Ame soit liée dans une parenté-de-sang ; comme son Signe, la vie le proclamera. Afin que cela ne soit pas oublié, que « l’Ame » soit liée dans une parenté-de-sang.

NINTU et ENKI rassemblèrent 14 matrices (de déesses, mères porteuses) dans la Salle aux Destins (la Maison de SHIMTI qui signifie : la maison où est insufflé le vent de la vie), 7 à droite de la paroi de brique et 7 à gauche. 7 matrices devaient produire les femelles, 7 matrices devaient produire les mâles. Elles étaient maintenues ensemble. NINTI, assise, comptait les mois. Le 10° mois fatidique s’approchait ; le 10° mois arriva ; la période d’ouverture de la matrice s’était écoulée. Sa figure rayonnait de compréhension : elle couvrit sa tête, accomplit sa tâche de sage-femme. Elle se ceignit la taille, prononça la bénédiction. Elle dessina une forme ; dans le moule se trouvait la vie. « J’ai créé ! Mes mains l’ont fait ! ».

NINTU : « Quand les hommes auront pullulé, je détacherai les chaînes des
IGIGI, ils pourront ainsi rejoindre les Grands Dieux puisque les hommes assureront leur besogne ».

ANNUGAL, chef des IGIGI : « O MAMMI, notre libératrice, nous embrassons tes pieds ! Que ton nom désormais soit Dame de tous les dieux ! ».

Ainsi, les ANUNNAKIS, étant arrivés sur la Terre pour y installer leurs colonies, créèrent leur propre forme d’esclavage, non pas en important des esclaves d’une autre planète, mais avec des Travailleurs primitifs qu’ils façonnèrent eux-mêmes. La mutinerie des dieux, avait conduit à la création de l’homme.

Par la suite, sous la responsabilité d’ENKI, les IGIGI dirigèrent le travail des hommes. Le premier couple eut pour noms : ULLAGARRA et ANNEGARRA. Noms qui signifient en Sumérien : « créé par le ciel » et « créée par l’éternité ».

ENKI enseigna aux hommes comment fertiliser la terre, comment confectionner des pioches et des houes, comment édifier de grandes digues d’irrigation afin qu’ils puissent se nourrir eux-mêmes, et fournir de la bonne nourriture aux dieux.

Les hommes créés par ENKI et NINTU, pouvaient vivre 25.000 ans.
250.000 ans plus tard, 8 rois humains s’étaient succédés.

Les hommes étaient prospères ; ils avaient étendu leur territoire ; ils s’étaient multipliés.
La rumeur de leurs activités, de leur agitation, de leurs guerres, de leurs fêtes, en un mot leur tapage, finit par atteindre…même les cieux. Mais surtout, les fils des dieux s’intéressèrent sexuellement à la progéniture des hommes. C’en était trop.

Lors du Conseil des Grands Dieux, ENLIL dit : « La rumeur des humains est devenue trop forte. A cause de leur tapage continuel, je n’arrive plus à dormir, mais je suis surtout inquiet sur ce qu’ils manigancent. Nous leur avons déjà envoyé maladies, fièvres, épidémies et pestilences pour les décimer, mais très vite ils se sont à nouveau multipliés. Nous leur avons envoyé sècheresse, famines et autres fléaux sans plus de résultat. A chaque fois d’ailleurs, ENKI le Prince les a aidés à s’en sortir. Maintenant il faut en finir une fois pour toutes, et envoyer sur les hommes, le Déluge afin qu’il n’en reste pas un ».
ENKI prit la parole : « J’ai créé l’homme dans l’intérêt des dieux ; ne me demandez pas d’approuver un tel cataclysme. Comment pourrais-je porter la main sur mes créatures ! ».

Les dieux ayant malgré tout pris la décision finale, ENKI,
en songe, prévint ATRAHASIS (ou UTNAPISHTIM, ZIUSUDRA, NOE), le Super Sage, un homme de bien qui avait toujours mérité sa confiance : « ATRAHASIS, jette à bas ta maison ; détourne-toi de tes biens pour te sauver la vie. Construis un grand bateau selon l’épure que j’ai tracée sur le sol. Cette embarcation aura une forme équilatérale de 60 mètres de côté quelle soit un MAGURGUR (un bateau qui puisse se tourner et se retourner). Le bateau sera entièrement clos et toituré solidement. Que son calfatage soit épais et résistant. Tu appelleras ton vaisseau SAUVE VIE. Après y avoir chargé ton froment, tes biens, tes richesses, embarques-y ta femme, ta famille, ta parenté et tes ouvriers, ainsi que des animaux sauvages, grands et petits, et des oiseaux du ciel ».

ATRAHASIS, le Super Sage, n’avait que 7 jours pour construire SAUVE VIE. Les siens et les animaux venaient juste d’embarquer quand un vent furieux rompit les amarres et libéra le bateau. Alors le soubassement de la Terre se décolla. Les étoiles elles-mêmes furent déplacées. De profondes ténèbres cachèrent le soleil. Le fracas du Déluge épouvanta les dieux eux-mêmes, pourtant tous réfugiés en la demeure céleste d’ANU.

ENKI, blême de colère vit ses enfants emportés par les eaux.

NINTU, la Déesse Mère, éclata en sanglots : « Comment ai-je pu dans l’Assemblée des Dieux, laisser prendre cette décision finale ? C’est ENLIL qui par un discours habile, a rendu vaines mes paroles ».

Au bout de 7 jours, le vent se calma, le bateau cessa d’être ballotté. ATRAHASIS lâcha une colombe ; elle revint, ne sachant où se poser. Il lâcha une hirondelle qui revint également. Enfin il lâcha un corbeau qui ne revint pas. Alors ATRAHASIS lâcha tous les oiseaux.

Lorsque les eaux se furent retirées du haut de la montagne, ATRAHASIS débarqua et prépara un banquet à la gloire d’ENKI, le Dieu Ingénieux qui l’avait sauvé.

L’odeur de la bonne chère attira également les Grands Dieux, qui, en l’absence des hommes, n’avaient ni bu ni mangé pendant tout ce temps.

Le repas terminé, NINTU, la Déesse Mère, se leva et dit : « D’où nous viennent ANU et ENLIL ? Ils ont donc participé à ce banquet, eux qui inconsidérément avaient décidé le Déluge, et voué les hommes à cette hécatombe ».

ENLIL voyant le bateau, entra en colère : « Nous les Grands Dieux, nous avions prêté serment, d’où vient alors qu’un homme ait échappé à la destruction ? ».

Pour ANU, c’est sans nul doute encore un coup d’ENKI le Prince.

ENKI : « Oui, j’ai fait cela contre votre volonté à tous, j’ai sauvé ATRAHASIS. Calme-toi ENLIL, si tu as mangé et t’es régalé, c’est bien grâce à cet homme. Grâce à lui, la race humaine peut être sauvée, et surtout les IGIGI ne seront pas obligés de se remettre au travail ».

NINTU, la Déesse Mère, prit alors la parole : « ENLIL, tes solutions sont trop définitives. Trouvons un moyen terme. Afin que la descendance d’ATRAHASIS ne perturbe plus les dieux, ENKI, l’Ingénieux, doit bien avoir une solution ».

ENKI : « O ! Divine Matrice, nous avons donné aux hommes presque l’immortalité, c’était inconsidéré. Toi MAMMI, qui arrête les destins, impose donc aux hommes la mort pour qu’un équilibre s’installe. Afin que chez eux, outre les femmes fécondes, il y ait maintenant les infécondes, afin que chez eux sévisse la Démone Eteigneuse pour ravir les bébés aux genoux de leurs mères ».

ENLIL approuva : « C’est entendu. Ce fut une erreur de vouloir les exterminer. Mais que les hommes ne vivent pas au-delà de 120 années, afin qu’ils ne puissent jamais percer à jour nos connaissances. Ainsi, ils ne seront plus une menace pour nous ! Veillons à ce que les hommes, ne s’installent jamais dans l’allégresse. Surveillons de près leur prolifération, leur prospérité et leur joie de vivre. Et pour cela, que chez les hommes un temps de malheur succède à une ère de bien-être ».


Plusieurs versions courent sur comment les Hommes sont ils apparus en Grèce? 

Certains affirment qu'ils seraient né à partir des dents du serpent Ophion piétiné par la déesse Terre Gaia (cf le mythe de la création). Ces hommes appellés les Pélasges seraient les ancêtres de la tribu du même nom qui existat jusqu'au cinquième siècle avant notre ère.

Le deuxième mythe aborde la façon dont Prométhée a façonné à partir de l'eau et de l'argile les hommes. Le premier d'entre eux serait Phénon. Cependant Zeux aux prises avec les Titans n'aurait pas accepté cet acte créatif. Ainsi ils privent la première humanité du feu indispensable à la vie. Mais Prométhée les aident en volant pour eux la flamme d'Héphaïstos.


Intervient ensuite le mythe de Pandore. Zeus se venge en envoyant parmi les hommes la femme façonnée par Héphaïstos portant le nom de Pandore. Dans ce célèbre épisode, cette femme inflige l'humanité de tous les maux quotidiens en ouvrant la boite ne gardant seulement que l'espérance qui n'osa s'échapper. Après cela, Prométhée est enchainé au rocher condamné à se faire dévorer le foie par un volatile.

Dans la troisième et dernière version dont nous parlerons, l'humanité est l'enfant de la déesse mère Gaia. Une première génération jaillit de ses entrailles dont le premier homme se nomme Alacoménée d'Arcadie. Cette génération est la race d'or. Ils sont proches des dieux et bénéficient de leurs faveurs. Ils ne connaissent ni la vieillesse, ni la peine. Ils sont en accord avec la nature environnante et ne se nourissent pas d'êtres vivants. Après une vie de joie, ils s'éteignent sans douleur et deviennent de purs esprits qui apportent le bonheur. Ces hommes incarnent l'idéal Grec.

Zeus crée une deuxième génération d'homme pour remplacer l'or. Ils sont associés au métal Argent. Leurs vies est durant cent ans une enfance mais arrivent un moment crucial où il se détourne des dieux et de tout ce qu'ils représentent. Le maître de l'Olympe constatant l'impiété croissante les balaie de la surface terrestre. Certains les nomment les "bienheureux des enfers".

Une troisième race fait son apparition: c'est la race d'Airain (ou de Bronze). Dans la continuité de la déchéance humaine, ils se nourrissent d'animaux tués mais ils sont surtoùt obsédé par la Guerre. Ils se rapprochent de plus en plus d'une civilisation humaine. Ils finissent par s'entretuer jusqu'au derniers.


Platon, Discours d'Aristophane lu par JF Balmer




to be continue ...

18 octobre 2012

Ignorance crasse !


LES AUTOCHTONES ET NOUS

Ignorance crasse !


UNE ENTREVUE DE PAULE LEBRUN

Les Amérindiens ont souffert d'une mise à l'écart physique et culturelle. Nous en avons fait l'objet de toutes nos amnésies. L'anthropologue et historien SERGE BOUCHARD pose un regard décapant sur la question autochtone et démolit clichés et idées toutes faites.

Description de l'image  Serge Bouchard mcl.jpg.

Diplômé de l'Université McGill (à Montréal) et de l'Université Laval (à Québec), Serge Bouchard est d'abord chercheur dans le domaine de la nordicitéDocteur en anthropologie et spécialiste des peuples amérindiens, il co-fonde et dirige une firme de recherche en sciences humaines jusqu’en 1986. Durant cette période, il est chargé d'enseignement au département des sciences administratives de l’Université du Québec à Montréal. Entre 1970 et 1990, il réalise des études de terrain sur la Côte Nord, au Labrador, au Nunavik, à la Baie-James et au Yukon.

ThématiqueVoici l'un des grands spécialistes québécois en matière de question amérindienne. Il a initié et formé des gens de toutes les couches sociales à cette réalité, et continue à le faire : politiciens, fonctionnaires, exploitants forestiers, policiers, étudiants. Les communautés autochtones elles-mêmes lui demandent de mettre en perspective leur propre histoire éludée par des siècles de colonisation. Auteur prolifique, (plus d'une douzaine de livres, dont la série avec l'anthropologue Bernard Arcand, Les Lieux Communs, popularisée à Radio-Canada), l'ethno-historien Serge Bouchard est un amoureux de l'Amérique sous toutes ses formes et un libre-penseur doublé d'un merveilleux conteur. Il contribue sans contredit à hausser le débat en matière de question autochtone au Québec et à améliorer la qualité de notre écoute de l'autre. Lorsque nous l'avons rejoint, Serge Bouchard s'apprêtait à se rendre à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).
R. Vous partez prochainement en Abitibi-Témiscamingue pour former des étudiants, des professeurs et des gestionnaires de l'Université du Québec sur la question autochtone. Que souhaitez-vous transmettre à la communauté universitaire?
S.B. Le principe même qui fonde le dialogue, c'est la connaissance de l'autre. Le problème dans notre relation avec les Premières Nations, c'est qu'on ne sait pas qui ils sont. Ça débute mal une conversation! Mon objectif de formation est d'essayer de communiquer l'identité actuelle de ces gens, une identité qui, tout comme la nôtre, est le résultat de leur histoire. Qui est aussi notre histoire, sauf que dans notre histoire de Canadiens français, Canadiens anglais ou Américains, on a carrément évacué les Autochtones. Ils ont un rôle purement accessoire.
Avec les étudiants, je reprends l'histoire des Premières Nations à partir du début. Qui sont ces gens? On passe en revue l'immense richesse de leur diversité culturelle sur l'ensemble du continent nord-américain. On se demande qui sont les Algonquins par rapport aux Sioux, aux Iroquois ou aux Innus.
R. On a tendance à mettre tous les Autochtones dans le même bain...
S.B. Oui, et c'est profondément insultant en partant. Ce sont des gens qui ont des cultures extrêmement différentes. Ils n'étaient pas une bande de sauvages qui partaient à la chasse, point à la ligne. Il y a, dans notre culture, une méconnaissance fondamentale et parfois une ignorance crasse par rapport aux Amérindiens.

 S. Bouchard
Notons la réimpression récente par les Éditions du Boréal d'un document ethnologique incontournable. Le récit de ce chasseur montagnais fait revivre un monde ancien dont nous sommes culturellement coupés.
 Récits de Mathieu

R. Quel serait l'un des premiers points qu'on ignore?
S.B. D'abord l'histoire. Ces gens étaient nombreux en Amérique; ils avaient des pays, des frontières, des empires, des villes. Ils étaient « cultivés » au sens anthropologique du terme. Ils ont grandement contribué à la richesse nord-américaine telle qu'on la connaît aujourd'hui. Notamment au Canada, par la traite des fourrures. C'est ce qui a gardé les Européens ici jusqu'au 19e siècle, la traite des fourrures. Et les Autochtones étaient des partenaires actifs et productifs en matière de traite des fourrures.

« Le Québec est la province canadienne la plus avancée dans le dialogue avec les Premières Nations. »

Autre exemple de méconnaissance historique : ces peuples ont joué un rôle crucial dans la géopolitique telle qu'elle est aujourd'hui, autant dans la constitution des États-Unis que dans celle du Canada. Par exemple, ce sont les Micmacs qui ont permis la survie des Acadiens. Les Micmacs étaient pro-Français. Lors de la déportation des Acadiens, tous ceux qui se sont sauvés dans les bois n'auraient pas survécu sans les Micmacs. Les Français se seraient fait massacrer par les Anglais. L'Angleterre s'est servie des Premières Nations pour se défendre contre les Américains moult fois. Elles ont joué un rôle politique et économique important dans la construction de l'Amérique telle qu'on la connaît aujourd'hui.
Pendant ce processus, il y a eu un immense métissage biologique et culturel qui a formé les nouveaux peuples.


AUTOCHTONES :


La génération montante


P.E. Dominique


Paul-Émile Dominique, joueur de tambour traditionnel, lors d'une rencontre avec des jeunes au Collège d'Alma.

La population autochtone du Canada est plus jeune et croît plus vite que la population canadienne dans son ensemble. D'après la Commission royale sur les peuples autochtones (1996), plus de 60 % des membres des Premières Nations ont moins de 30 ans. Et près de la moitié d'entre eux vivent en milieu urbain. Les enfants, les jeunes et les familles autochtones qui résident tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des réserves sont plus susceptibles que l'ensemble de la population canadienne de connaître la pauvreté, les problèmes sociaux, d'être peu instruits et sans emploi. Les jeunes autochtones sont surreprésentés parmi les enfants en difficulté, les décrocheurs scolaires et ceux chez qui on décèle des problèmes de comportement. Par conséquent, ces jeunes sont encore sous-représentés dans les établissements postsecondaires. Les efforts déployés pour corriger ces problèmes demeurent jusqu'à maintenant fragmentés. Plusieurs programmes fédéraux destinés aux familles autochtones sont consacrés aux secteurs de l'éducation, de la justice, des soins de garde, de l'aide à la jeunesse et du soutien culturel. Les gouvernements provinciaux s'efforcent à leur tour d'améliorer leurs relations avec les collectivités autochtones.

R. On dit que 70 % des Québécois sont des sang-mêlé. Votre avis?
S.B. La réponse est oui. Nous avons entre 200 et 300 ans de métissage derrière nous. Ça a créé les Métis de l'ouest, les Canadiens français à l'est, les Indiano-écossais, les Indiano-irlandais D'où pensez-vous que nous vient notre rapport au territoire, notre bougeotte, notre sens des grands espaces? Ça nous vient du métissage.

« Si les Indiens ne paient pas de taxes, ce n'est pas par privilège, ce n'est pas par négociation, c'est en fait interdit par la loi canadienne, qui est une loi raciste. »

R. Que pensez-vous des revendications territoriales en cours basées sur l'antériorité? Certains voient cela comme une volonté d'apartheid.
S.B. Voilà une argumentation fallacieuse et produite par l'ignorance. Si les Indiens ne paient pas de taxes, ce n'est pas par privilège, ce n'est pas par négociation, c'est en fait interdit par la loi canadienne qui est une loi raciste. C'est le Canada qui a interdit aux Indiens les impôts et les taxes parce qu'ils étaient considérés comme des enfants, comme des mineurs, comme des irresponsables devant la loi, et comme non-citoyens canadiens. Est-ce que ça vous tente d'être considérée comme une non-citoyenne par l'État, de la naissance à la mort, pour avoir des privilèges fiscaux? On est gêné de dire qu'on n'aime pas les Noirs, mais avec les Indiens on se permet des jugements à l'emporte-pièce. On a toujours considéré les Indiens comme inférieurs intellectuellement. Encore aujourd'hui, on les considère souvent comme des gens non productifs et non capables. On apprécie les Indiens plus spectaculaires de l'Arizona, mais on trouve que nos Indiens font dur! C'est cruel ! Ce phénomène est remarquable, surtout chez les gens cultivés. Cela reste un grand mystère pour moi.
R. Quel est le rôle de l'éducation dans la reprise d'autonomie amérindienne?
S.B. Les Premières Nations sortent d'un cauchemar qui dure depuis presque deux cents ans. Leur insignifiance politique et économique, leur marginalisation a commencé en 1812. Après, les Indiens sont devenus des nuisances pour le développement, et on a finalement créé les humiliantes réserves indiennes. On pensait bien qu'ils allaient alors s'assimiler et mourir. Ils ne l'ont pas fait. La seule façon dont ils vont se sortir de ce cauchemar qui les a démolis psychologiquement et socialement, c'est par l'éducation.
R. D'après vous, est-ce que l'éducation n'équivaut pas à une forme d'assimilation? Y a-t-il moyen de maintenir le lien entre tradition et modernité?
S.B. C'est une grande question qui va demeurer. Vous savez, lorsque les Noirs américains sont devenus médecins, on a dit qu'ils s'assimilaient et qu'ils quittaient leurs communautés de base en laissant le peuple dans la misère. Les classes se reforment. C'est une constante historique. Ce qui est certain, c'est que les Indiens du Canada sont en pleine conscientisation politique et luttent pour faire reconnaître leurs droits identitaires et territoriaux.
R. Peut-on vraiment, en 2004, donner aux Indiens les territoires qu'ils réclament à cause de l'antériorité?
S.B. Encore une fois, ce cliché repose sur la méconnaissance. Leurs demandes sont légales dans notre constitution. Ils ont entièrement raison sur ce point. C'est selon le droit canadien, le droit britannique en fait. Dans les traités et la Proclamation royale, il est spécifié que l'État canadien reconnaît les droits souverains. La Cour suprême elle-même reconnaît la validité de ces déclarations juridiques. Mais attention : il n'y a aucune Première Nation qui, à ma connaissance, réclame la souveraineté sur les territoires, à part les Iroquois qui vivent maintenant pour la plupart en ville et qui n'ont pas de territoire. Sur le territoire canadien, les Autochtones ne demandent pas la souveraineté : ils demandent le partenariat. Ils demandent simplement d'être reconnus et d'avoir un retour sur la richesse. À la Baie-James, il y a des Cris. C'est un peuple distinct qui veut profiter de la mise en valeur de l'endroit où ils habitent. Il n'est pas question de se départir de nos territoires.

« Il faut dire que ce sont les vieux nationalistes canadiens-français du début du siècle qui ont écrit l'histoire canadienne-française catholique dans laquelle les Indiens sont considérés comme des sauvages. »

R. Cela nous amène au nationalisme québécois versus les Autochtones. Quelle est votre perception du débat actuel?
S.B. Le nationalisme québécois a toujours eu de la difficulté avec la question autochtone. Il y a un fond à cela. Un patriote est « dur aux étrangers », disait Jean-Jacques Rousseau. Les nationalistes québécois ont hérité de la mauvaise habitude de valoriser le coté franco-québécois, et de dire que la parenté, c'est la France. Ils sont généralement anti-Américains, anti-Anglais, et, à la limite, anti-Indiens, parce que les Indiens sont en terre d'Amérique. Il faut dire que ce sont les vieux nationalistes canadiens français du début du siècle qui ont écrit l'histoire canadienne française catholique dans laquelle les Indiens sont considérés comme des sauvages. Les Canadiens français de l'époque ont toujours insisté pour dire eux-mêmes qu'ils n'étaient pas des sauvages. Tout Canadien français est pourtant un sauvage. Encore une fois, nous sommes métissés jusqu'à l'os!
Aujourd'hui, le nationalisme québécois évolue et les portes sont plus grandes ouvertes. Le Québec est la province canadienne la plus avancée dans le dialogue avec les Premières Nations. Beaucoup plus avancée que l'Ontario ­ l'Ontario est en fait la moins avancée des provinces en ce domaine. Pour nous, c'est grâce, entre autres, à la convention la Paix des Braves de la Baie-James.
R. De votre point de vue d'historien, quelle est la prochaine étape pour les communautés autochtones?
S.B. Vous savez, on parle maintenant de toutes petites nations. Prenez les Innus de la Côte-Nord et du Labrador. Ils ne sont pas plus de 19 000 personnes à défendre leur langue, leur culture, leur territoire. Ces gens évoluent. Les populations sont jeunes ­ ils font beaucoup d'enfants ­ et ces jeunes utilisent Internet, s'éduquent et voyagent. Vont-ils s'assimiler? J'aime à penser qu'on s'en va vers une plus grande reconnaissance des sociétés distinctes. Nous assistons à une révolution tranquille, mais je ne sais pas où elle nous mènera.


La disparition des langues ancestrales

Parmi les 170 langues autochtones qui étaient parlées sur le territoire canadien à l'arrivée des colons, seulement 50 sont toujours vivantes.
L. DRAPEAU« C'est tout un pan du patrimoine humain qui est en train de disparaître et, à mon avis, toutes les langues autochtones sont menacées, même le cri, l'ojibway et l'inuktitut », mentionne Lynn Drapeau, professeure au Département de linguistique et de didactique et langues et spécialiste des questions autochtones.
« Généralement, les matières de base sont dispensées en français ou en anglais, précise madame Drapeau. Sauf exception, les jeunes amérindiens, métis et inuits sont scolarisés dans une des deux langues officielles du pays, soit le français ou l'anglais. Plusieurs écoles autochtones enseignent tout de même aux élèves la langue de leurs ancêtres. Les langues indigènes sont enseignées comme langue seconde. Développer du matériel pédagogique dans les langues autochtones demande beaucoup de ressources et une volonté indéfectible », explique la professeure.
D'après elle, une loi visant à préserver et à promouvoir les langues autochtones aurait sûrement sa place. À l'instar de la loi 101, elle pourrait augmenter le nombre de contextes dans lesquels les langues autochtones sont utilisées : l'école, l'affichage public ou le milieu de travail par exemple. Mais une mesure législative ne saurait suffire. On ne peut pas forcer les gens à parler une langue.
« Je pense qu'avant tout, il faut sensibiliser les Autochtones à la beauté de leurs langues et aux impacts de leurs comportements vis-à-vis celles-ci », estime madame Drapeau.
La professeure nous rappelle que les Autochtones sont soumis aux mêmes pressions que la population en général. « Leur économie traditionnelle s'est à toute fin utile effondrée. Et aujourd'hui, comme tout le monde, ils se retrouvent dans une société du savoir. Les parents veulent que leurs enfants réussissent à l'école, qu'ils aillent au cégep et à l'université. Et nous savons bien que ces établissements n'offriront jamais leurs cours en langue autochtone. C'est très déchirant pour eux. Mais je pense qu'on peut encore mettre en place des conditions qui rendront les gens fiers de parler leur langue ancestrale. »
En 1991, madame Drapeau a publié un dictionnaire du montagnais qui comprenait près de 22 000 mots. Au cours de prochaine année, elle compte entreprendre la préparation d'une grammaire montagnaise.
SOURCE : Forget, Dominique, L'UQAM Volume 31, Numéro 6 , 15 novembre 2004

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Voici quelques liens pour connaitre plus sur les autochtones du Québec