25 novembre 2014

La rencontre historique avec les Premières Nations a-t-elle influencé l'identité québécoise?

Un regard sur le monde à travers les yeux d'un autochtone
Long métrage documentaire de Carole Poliquin et Yvan Dubuc.
La rencontre historique avec les Premières Nations a-t-elle influencé l'identité québécoise?

ROUYN-NORANDA - Vous est-il déjà arrivé de vous demander ce qui distinguait les Québécois de leurs cousins français? D’où venait notre identité? Le documentaire L’empreinte, d’Yvan Dubuc et Carole Poliquin, propose de nombreuses pistes de réflexion sur l’influence des Premières nations sur l’identité québécoise.
Yvan Dubuc et Carole Poliquin se connaissent depuis une vingtaine d’années. Après avoir vécu 10 ans en France, M. Dubuc est revenu au Québec avec le sentiment qu’il ne ressemblait en rien à nos prétendus cousins. «Son séjour en France avait aiguisé son sentiment de différence dans les comportements, autant familiaux, sociaux, économiques», a raconté Mme Poliquin.
Il lui a fait part, un soir, de sa théorie quant aux différences entre les deux sociétés. «Ça l’habitait depuis un bout de temps que l’influence autochtone était majeure dans la constitution de notre culture. Cette idée ne m’avait jamais, à ma grande honte, effleuré l’esprit. Pour moi, ç’a eu l’effet d’une espèce d’épiphanie. Je nous voyais collectivement, je me voyais moi, avec une toute nouvelle perspective», a confié Mme Poliquin.
Des rencontres éclairantes
Les recherches des cinéastes les ont rapidement menés vers les nombreux legs des Premiers peuples dans la société québécoise. «On a reçu notre âme, notre identité, répond tout-de-go Yvan Dubuc. Ils nous ont transmis des valeurs, comment on entre en relation avec l’autre, avec la femme, avec l’enfant. Tout ce qui est essentiel à notre société, nous l’avons reçu des autochtones», a avancé M. Dubuc. Le système de justice québécois est d’ailleurs influencé par des valeurs léguées par les Premiers peuples, tout comme de nombreux principes de gestion, par exemple.
Confidences à Roy Dupuis
Les nombreuses entrevues recueillies tout au long du tournage sont réalisées par le comédien Roy Dupuis, qui a été attiré par le concept dès le départ. «Mon intérêt pour les sociétés amérindiennes date d’un certain temps», a rappelé l’acteur.
Même s’il a grandi à Amos, tout près de Pikogan, il avait l’impression de ne rien connaître des Premiers peuples. «Je ne connaissais pas leur système politique, juridique, spirituel, qui semblaient très différents des miens», a-t-il avoué.
Dans la culture
De nombreux personnages de la littérature québécoise ont une influence autochtone dans leurs attitudes et leurs comportements. Roy Dupuis s’en est inspiré à certains moments de sa carrière.
«Je me souviens qu’à l’époque où j’ai tourné Un homme et son péché, Alexis représentait pour moi cette nouvelle race d’homme qu’était le Canadien français, c’est-à-dire un mélange d’occidental et d’amérindien. C’était le gars qu’on n’arrivait pas à garder dans le village, qui partait pour le bois, et c’était un peu la même chose avec Ovila», a-t-il souligné.

http://www.lafrontiere.ca/2014/10/27/lempreinte-une-piste-de-reflexion-sur-nos-origines