13 juillet 2015

Un trois heures au Grand Rassemblent des Premières Nations




J'ai pu participer au Pow Wow de Mashteuiatsh. Ce fût pour moi une expériences très enrichissante. j'ai prit quelques clichés lors de cette événement rassembleur que je vos partage.

Selon Wikipedia : 
«Le mot «pow-wow» est un dérivé du mot pau wau ou pauau, qui désigne un leader spirituel, une personne-médecine ou un rassemblement de leaders spirituels dans la langue algonquienne. Les Américains d’origine européenne ont cru que ce mot représentait tout rassemblement autochtone et ils ont déformé sa prononciation en pow-wow. Finalement, apprenant la langue anglaise, les Amérindiens ont eux aussi commencé à utiliser ce terme, avec sa nouvelle prononciation et son nouveau sens.»


Mashteuiatsh


Pekuakamiulnuatsh, Première Nation du Pekuakami (lac Saint-Jean), communément appellés Amérindiens du Canada, Indiens d'Amérique ou Montagnais, sommes un peuple à racine nomade c'est-à-dire au mode de vie basé sur des déplacements organisés sur le territoire que nous occupons et sommes de la grande famille des Algonquins de l'Est du Canada.

À l'époque, nos ancêtres vivaient principalement de chasse, de pêche et de cueillette de fruits sauvages. Comme ils avaient à parcourir d'immenses territoires, ils se servaient des lacs et des rivières comme voies d'accès. Le réseau hydrographique constituait donc leurs routes, à la base de leurs nombreux déplacements sur Nitassinan.

L'occupation humaine de la région du Saguenay- Lac-Saint-Jean remonte à environ 5 000 ans. C'est à cette période que commence l'histoire de notre peuple, les Pekuakamiulnuatsh, présent sur ces territoires bien avant l'Ère chrétienne, la construction des pyramides en Égypte et l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique.


Le Grand Rassemblement


Il y avait plus d'un centaine de danseur de partout du Canada qui sont venu assister au Grand Rassemblement. Les costumes sont souvent fait à la main par les danseurs et danseuses avec des matériaux non-industrielles. Selon les traditions acquises depuis des millénaires, chaque disposition des matériaux à sa signification sacrées de la vision de la vie, du respect de la terres et tout ces être qui habite jusqu’à de l'au-delà. 

Pendant les festivités, la régie des matières résiduelles du Lac St-Jean , l'escouade Bleu, sont venu pour sensibilisé les Pekuakamiulnuatshs au triage des matières résiduelles en faisant quelques jeux. 


Il y avait plus d'une vingtaine de kiosque qui vendait des bijoux, vêtements en cuir et objets sacrés sur le site. 





 Eruoma Awashish est une artiste Multi-disciplinaire. Par ses œuvres, Eruoma cherche à faire le pont entre les nations québécoises et autochtones. Ses tableaux montrent l’hybridation et l’évolution de la culture autochtone au fil du temps. Les matières organiques et industrielles s’y côtoient en harmonie, la tradition rencontrant la modernité. Elle a participé au Grand rassemblement 














Un des drummer du groupe " Smoke Trail "  qui sèche son tambour sur la braise à cause de l'humidité relative trop élevé . Le bois à tendance à se gonflé à cause de l'humidité et  à déchiré le cuir extrêmement tendu sur ces lacets. 
Un enfant s'amusant au parc qui est situé en plein milieu du site. Même avec une chaleur de 30 degrés, les enfants été heureux sous un bruit fond des tambours. 




Un habilleur qui aide un enfants à ce vêtir. 



L'un des mes plus beaux moments était d'entendre ces chanteurs chanter sous le rythme du tambour à l'unisson. Comme un cœur qui bat, j'ai pu ressentir les vibrations sur mon torse tellement qui donné des coups aussi vif sans pour autant donner cette impression d'agressivité . Mais plutôt, une sensation de force de confiance en soi.  L'effet de transe me fût ressentir après quelques minutes en restant ébahi et impressionné. Le tambour sautillé coup par coup sans ce déplacé... C'est un moment indescriptible, la seul chose que je peut conseillé, et de le vivre .




Source: Wikipedia
Radio-canada

30 juin 2015

Un visage sculpté sur une falaise difficile d’accès. Probablement fait par une des tribus des Premières Nations

Un regard sur le monde à travers les yeux d'un autochtone

Un mystère à résoudre au Canada. Un visage sculpté sur une falaise difficile d’accès. Probablement fait par une des tribus des Premières Nations
Nuage


Qui a sculpté ce visage de pierre? L’homme ou la nature?

  


Le mystère plane sur l’immense visage sculpté dans la pierre d’une inaccessible falaise de la Colombie-Britannique.

Est-ce que quelqu’un l’a sculpté et si oui, quand et comment? Est-ce que ce ne serait pas plutôt une formation rocheuse naturelle qui ressemble par hasard à un visage? Impossible encore de le savoir.

Une falaise inaccessible

Pour répondre à la question, il faudrait pouvoir s’approcher du visage, mais il est entouré de falaises accidentées et d’eaux tumultueuses qui en complexifient l’accès.

Les premiers explorateurs

Le visage est apparu une première fois en 2008, quand une kayakeuse américaine l’a photographié alors qu’elle pagayait près de Reeks Island, une petite île au large de Vancouver qui, comme plusieurs autres îles voisines, appartient aux Premières nations Tseshaht.

La kayakeuse a ensuite envoyé ses photos à Parcs Canada, sans pouvoir préciser l’endroit où elles avaient été prises.

Pour le trouver, Parcs Canada a contacté les administrateurs de la nation Tseshaht et c’est ainsi que l’annonce de la découverte d’un visage sculpté dans la pierre est parvenue aux oreilles de Hank Gus, un gardien de plage autochtone Tseshaht qui l’a aussitôt cherché et finalement trouvé, il y a quelques semaines.

Selon Gus, le visage est à 40 pieds du haut de la falaise et à une vingtaine à partir du bas, et est entouré de falaises rocheuses escarpées qui rendent l’approche très difficile, voire impossible.

Le visage du vent

Hank Gus croit que le visage de pierre symbolise le vent, puisqu’il semble être en train de souffler. Il fait un rapprochement avec une gravure sculptée dans la porte des bureaux de la nation Tseshaht.

« Ça ressemble vraiment à ce visage dans la roche, a-t-il déclaré. On l’appelle Ugi et on dit que lorsque le vent souffle, il partage l’histoire de nos ancêtres et la garde vivante ».



« Ugi », tel qu’il a été sculpté sur la porte en bois des bureaux de l’administration Tseshaht, celui qui souffle l’histoire des ancêtres, pour ne pas qu’on oublie.



La nation Tseshaht et Parcs Canada veulent résoudre le mystère de ce visage, un mystère qui, en attendant, risque d’attirer bien des Indiana Jones dans la région.

J’ai hâte de connaître la réponse. Je penche pour la nature, mais avec l’homme, on ne sait jamais.

https://nuage1962.wordpress.com/tag/premieres-nations/

29 avril 2015

Les colliers de wampum

Un regard sur le monde à travers les yeux d'un autochtone

« Colliers de porcelaine », « branches de porcelaine », « wampum belts », ou encore « strings of wampum »… à quoi renvoient ces expressions rencontrées dans les archives coloniales de la collection de Bibliothèque et Archives Canada?
On nomme wampum – un mot d’origine algonquin du sud de la Nouvelle-Angleterre – les perles blanches et pourpres de forme tubulaire fabriquées à partir de certains coquillages marins provenant exclusivement des côtes de l’océan Atlantique. C’est une abréviation du mot wampumpeague (ou wampumpeake), signifiant « enfilade de coquillages blancs ». Dès le début du XVIIe siècle, le wampum devint un bien d’échange important dans la traite des fourrures en pleine expansion dans le Nord-Est du continent, en plus de servir de monnaie dans les colonies hollandaises et anglaises jusque dans les années 1660.
Dessin montrant deux exemples de wampum : un collier et des branches de porcelaines.
Dessin publié en 1722 montrant la distinction entre les cordons (aussi appelés « branches ») et les colliers de wampum (MIKAN 2953327)
Les peuples iroquoiens de l’intérieur des terres en firent un usage particulier en les utilisant dans leurs rencontres diplomatiques officielles avec les groupes voisins ou étrangers. Ces perles étaient alors tissées en des cordons et colliers de diverses tailles pouvant contenir de quelques centaines à plus de dix milles perles.
Peinture à l’huile sur toile montrant un homme debout dans une forêt avec un loup à ses pieds. Il est vêtu de noir et porte une écharpe rouge et tient dans sa main un collier de wampum.
Portrait de Tee Yee Neen Ho Ga Row (baptisé Hendrick), l’un des « Quatre rois Indiens » ayant rencontré la reine d’Angleterre en 1710, tenant un collier de wampum.
Jouant un rôle central dans les rencontres internationales et dans l’entretien de bonnes relations, les colliers de wampum étaient offerts lors des rencontres formelles pour supporter le discours prononcé, pour le rendre légitime et officiel. Du début du XVIIe siècle jusqu’au début du XIXe siècle environ, ce système diplomatique se répandit dans une grande partie du Nord-Est américain, de la vaste région des Grands-Lacs jusque dans les Maritimes, avec toutefois d’importantes variantes.
Photo noir et blanc montrant divers colliers et cordons de wampum.
Colliers et cordons de wampum conservés parmi les Six Nations dans les années 1870 (MIKAN 3367331)
Comme ils étaient utilisés pour soutenir les paroles prononcées, certains de ces colliers étaient préservés pendant plusieurs années afin que les messages qu’ils portent soient maintenus et conservés dans le temps. C’est pourquoi les observateurs des XVIIe et XVIIIe siècles ont souvent comparé les wampums avec les archives ou avec d’autres documents officiels écrits (actes, registres, annales, contrats, etc.).
Photo noir et blanc montrant six hommes regardant des wampums. Cinq individus sont assis et le sixième semble expliquer un collier de wampum.
Chefs iroquois des Six Nations expliquant les colliers de wampum qu’ils conservent en 1871 (MIKAN 363053)
Ces wampums étaient conservés parfois sur une longue période de sorte que les termes des ententes passées demeurent connus. En tant que supports de la tradition orale, les wampums portant les paroles prononcées lors d’un événement particulier devaient donc être accompagnés d’un discours pour être signifiants. Ainsi, le gardien des wampums s’assurait que leur signification soit répétée de temps à autre devant les membres de la communauté. De façon périodique, il répétait publiquement le « contenu » des wampums qui étaient conservés afin que l’histoire de la nation se transmette à la génération plus jeune.
Pour continuer votre recherche : France fonds des colonies et le fonds Haldimand font souvent référence aux wampums. Il faut noter que ces deux fonds ont beaucoup de bobines de microfilms et que le site Héritage est en train d’en faire la numérisation.

http://ledecoublogue.com/tag/histoire-autochtone/

12 mars 2015

Des autochtones et des villes






Lors de la rencontre de la stratégie urbaine qui avait lieu le 11 mars dernier au centre des congrès de Québec. Serge Bouchard nous explique l'exode rural dans l'histoire des autochtones du Québec. 

Anthropologue et conférencier,
Serge nous donne sa vision autochtone selon son expertise à travers ces recherches historiques.






Un exemple dans l'exode rural dans l'Égypte antique

Déjà attesté au temps des pharaons, l'exode rural, ou anachorèse, qui traduit un certain malaise de la population rurale égyptienne, prend des proportions alarmantes sous les Ptolémées.

La raison première de la désertion des campagnes est sans conteste la pression fiscale. L'arrivée au pouvoir des Lagides a en effet entraîné une augmentation des impôts, tant en ce qui concerne les prélèvements réguliers que les contributions extraordinaires. En outre, la pratique de l'affermage entraîne bien souvent des abus de la part des fermiers qui veulent récupérer au maximum leur investissement. Cette pression est d'autant moins bien supportée par la population qu'elle se double d'un problème d'identité opposant la minorité grecque dominante à la masse de la population autochtone.

À partir de Ptolémée IV, la situation ne fait qu'empirer, la pression fiscale s'alourdit, entraînant un véritable cercle vicieux. La paupérisation des campagnes crée de plus en plus de marginaux, renforçant les motifs de désertion, non seulement de la part des paysans mais aussi d'autres types de travailleurs. La documentation fait ainsi état de carriers et même d'un policier chargé de garder les récoltes du village qui ont déserté leur poste.

Si l'exode entraînait bien souvent une paupérisation sur le plan individuel, il avait également une conséquence à l'échelle du pays. Chaque paysan en fuite représentait un manque à gagner pour l'État. Les réactions du pouvoir ne furent guère efficaces et ne parvinrent jamais à enrayer le phénomène. Tiraillés entre prélever un maximum de ressources sur le pays et le gouverner, les Lagides ont eu plus souvent tendance à privilégier la première, adoptant des mesures autoritaires. La situation empira quand les villages devinrent responsables vis-à-vis de l'État de la rentrée des fermages.

En -107, le Serment de Tebtynis est imposé aux paysans d'Égypte pour les lier à la terre :

    «  Jusqu'à ce que je verse mon fermage, je reste en vue présent chaque jour et appliqué aux travaux agricoles, sans me réfugier sur l'autel sacré de quelque temple, sans faire appel à aucune protection, sans inventer aucun moyen de me dérober. »

11 février 2015

La gouvernance autochtone, pour une diversité économique


Sans une amélioration significative de la gouvernance et de la capacité institutionnelle autochtones, les progrès sur les questions en suspens comme l’écart socio-économique et éducationnel entre la population autochtone et les non-autochtones du Canada resteront problématiques. Cet écart a été qualifié d’obstacle clé à la croissance de productivité canadienne. La participation des Autochtones à la société et à l’économie contribuerait à résoudre la pénurie croissante de compétences du Canada et pourrait éventuellement augmenter le PIB du Canada de 401 milliards de dollars, accroître les recettes fiscales de 39 milliards et diminuer les dépenses gouvernementales de 77 milliards sur une période de 20 ans




Une gouvernance solide fait partie intégrante du développement économique et repose sur des institutions de gouvernance compétentes qui sont efficientes, efficaces et légitimes. Sans ces qualités, le progrès social et économique reste hors de portée. Le Harvard Project on American Indian Economic Development effectue certaines des recherches les plus innovantes et convaincantes sur le développement économique autochtone et le rôle de la gouvernance. Ces chercheurs ont conclu que la réussite du développement économique des Autochtones repose sur un pouvoir décisionnel pratique conjugué à des institutions de gouvernance compétentes. Cette combinaison est importante parce qu’elle permet aux communautés autochtones d’établir des objectifs de développement économique à long terme fondés sur leurs propres besoins, désirs et culture (compétence) et de les atteindre (institutions de gouvernance compétentes). En outre, les chercheurs ont découvert que les communautés autochtones prospères économiquement veillent à ce que les institutions qu’elles développent, qu’elles soient économiques, politiques ou juridiques, reflètent la culture locale et sont légitimes aux yeux de la communauté.

 De nombreuses communautés autochtones sont pauvres, mais cette pauvreté n’est ni universelle ni uniforme. Quelques communautés se sont sorties de la pauvreté en adoptant une approche différente à l’égard du développement économique et institutionnel. Axée sur l’« édification des nations », cette approche favorise une bonne gouvernance et la création d’institutions et de capacité, est éperonnée par les membres de la communauté autochtone et se fonde sur une démarche stratégique à long terme. On oppose l’approche axée sur l’édification des nations à l’approche « standard » à l’égard du développement, qui est issue des politiques du début du 20e siècle, dont la plupart existent encore aujourd’hui.

Contrairement à l’approche axée sur l’édification des nations, l’approche standard focalise les projets et subventions à court terme et néglige les questions de capacité et de gouvernance. Elle traite les communautés autochtones comme des récipiendaires passifs des politiques et elle est dirigée de l’extérieur par les bailleurs de fonds ou les bureaucrates. Les deux approches contrastantes ont différentes retombées pour le processus de développement économique et le rôle global des gouvernements autochtones. Dans le processus de développement économique axé sur l’approche standard, les objectifs sont formulés à l’extérieur de la communauté, dominés par les propositions de financement et de subventions. La relation primaire est avec les gouvernements et elle est l’objet d’une microgestion de la part des dirigeants politiques de la communauté. Selon l’approche standard, le rôle des gouvernements autochtones consiste à faire pression pour obtenir des fonds ou un soutien de l’extérieur et à mettre en œuvre les objectifs stratégiques établis par les organismes et les bailleurs de fonds de l’extérieur. Par contre, selon l’approche axée sur l’édification des nations, les communautés établissent leur but et leurs objectifs en premier, puis elles édifient les institutions appropriées à l’atteinte de ces buts. Le rôle premier des gouvernements autochtones consiste à établir les objectifs et les buts de la communauté et à diriger stratégiquement l’édification d’institutions appropriées, notamment de mécanismes financiers et de règlement des différents transparents. Le développement de la capacité institutionnelle et de l’efficacité de la gouvernance autochtone pourrait considérablement renforcer la compétitivité du Canada et contribuer à résoudre les pénuries de travailleurs actuelles. En habilitant les gouvernements autochtones appropriés à développer leurs propres institutions gouvernementales efficaces, efficientes et légitimes, le Canada pourrait combler l’écart de compétences entre les peuples autochtones et les non-autochtones, développer une main-d’œuvre qualifiée et accroître la productivité canadienne.

Recommandations

Que le gouvernement fédéral :

 1. Facilite et encourage la dévolution graduelle du pouvoir décisionnel fonctionnel, y compris le pouvoir de taxer et de dépenser, aux gouvernements autochtones appropriées.

2. Réoriente le financement et la surveillance fédéraux pour passer d’un modèle de financement conditionnel axé sur les programmes à des subventions globales, sous réserve d’une évaluation de la capacité administrative.

3. Appuie le transfert du pouvoir décisionnel pratique aux gouvernements autochtones tout en assurant une séparation adéquate des pouvoirs, en particulier une séparation distincte entre la direction politique et l’administration quotidienne des affaires communautaires.

 4. Encourage la création de mécanismes de règlement des différends objectifs, transparents et apolitiques dans les communautés autochtones.

5. Appuie la création de capacité et le partage de meilleures pratiques pour les communautés autochtones afin d’atteindre les objectifs susmentionnés.

 6. Encourage la création de structures juridiques et financières pour guider l’activité commerciale comme la Commission de la fiscalité des Premières nations.

Mention très bien à John Lane Deer, autochtone d’Amérique


Classé dans : Histoire — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 9 h 25 min

Un petit coup de cœur ce matin.

J’ai lu ce court texte qui m’a frappé tant il me rappelle ce que je ne cesse ‘apprendre sur mes ancêtres, sur mon histoire.

Enfant, on nous mentait à ce sujet.
John Lane Deer
John Lane Deer
Adolescents, nous avons grandi dans ces mêmes mensonges.

Même après le lycée, ces mensonges ont continué et parfois même ont augmenté d’intensité.

Il arrive cependant dans la vie ‘un individu une période au cours de laquelle, s’il veut bien ouvrir ses yeux, le réveil peut sérieusement être envisagé. Il ne suffit pas comme certains le pensent d’avoir un prénom africain. Il ne suffit pas comme d’autres le croient de vivre au village, pour être éloigné de l’aliénation. Non, non et encore non.

Le travail de désaliénation est un travail qui dure toute une vie. A la mort de Mandela, il a été dit qu’une tuberculose contractée du temps où il était en prison, était une des conséquences de son décès. En 2013 !!! C’est comme ces poisons, ces venins, ces bactéries, ces virus qui nous ont été inoculés des siècles durant, depuis les contacts violents d’avec les envahisseurs eurasiatiques.

On ne le dira jamais assez : des millénaires durant, nos ancêtres n’ont jamais su ce qu’était une prison. Jamais et jamais. Ils savaient comment traiter les questions de droit. Pas besoin de barreaux.

Le parallèle avec cet Indien ne concerne évidemment pas ne se fait pas sur tous les plans car l’argent, les hommes politiques (et non pas politicien, d’où il faut se méfier des traductions), le terme « civilisés » etc., il y en avait et on sait combien c’est nécessaire à la bonne marche de notre société.

Le jour où un procès de l’Occident aura lieu, je crains qu’il ne faille abattre tous les arbres de la Terre, de Mars et de Jupiter aussi pour le commencer. Ne serait-ce que le commencer.

Lisons cet homme plein de sagesse et méditions !

Avant que nos frères blancs viennent nous civiliser, on n’avait aucune prison. Par conséquent, il n’y avait aucun délinquant. Nous n’avions pas de clés ni de serrures, donc il n’y avait pas de voleurs. Quand quelqu’un était trop pauvre pour s’offrir un cheval, une couverture ou une tente, il pouvait recevoir cela comme cadeau. Nous n’étions tellement pas civilisés que nous n’accordions pas une telle importance à la propriété privée.

Nous voulions posséder des choses pour donner aux autres, s’entraider. Nous n’avions pas d’argent, pour cette raison la valeur d’un Homme ne pouvait être déterminée selon sa richesse.

Nous n’avions aucune loi (écrite), aucun avocat (ou procureur), aucun politicien, Par conséquent nous n’étions pas capable de tricher ou d’escroquer autrui. Nous suivions vraiment une mauvaise voie avant que les hommes blancs viennent, et je ne saurai vraiment pas expliquer comment nous nous y prenions pour nous en sortir sans ces choses fondamentales (c’est ce que nos frères blancs nous ont dit) qui sont absolument nécessaires pour une société civilisée. »

John Lame Deer (Amérindien, né en 1903 dans une réserve Amérindienne aux USA et mort en 1976)

Obambe NGAKOSO, February 2015©

Archéologie du Québec

Un regard sur le monde à travers les yeux d'un autochtone

L’Amérique a été le dernier continent peuplé par l’humain. Et le Québec est l’un des endroits les plus récemment peuplés d’Amérique, soit quelque part entre il y a 12 500 et 50 000 ans.

C’est ce que raconte entre autres le premier livre d’une série de cinq sur l’archéol
ogie au Québec, dont le premier tome est lancé ce jeudi au Musée Pointe-à-Callière de Montréal. Cinq livres, donc, dont chacun aborde l’archéologie sous un biais différent, les premiers prenant l’angle des quatre éléments, l’air, l’eau, la terre et le feu, et le dernier portant sur les collections archéologiques du Québec.

Vue des airs

Le premier tome, Air. Territoire et peuplement, de la collection « Archéologie du Québec », tout frais sorti des presses, embrasse donc l’histoire de l’archéologie du Québec vue des airs. On y piste par exemple les traces des 12 000 pointes à cannelures retrouvées en Amérique au fil des années, témoignant d’une présence humaine datant d’autour de 15 000 ans. Tout récemment, de nouvelles découvertes de pointes à cannelures, trouvées au lac aux Araignées, dans la région du lac Mégantic, ont fait reculer dans le temps notre connaissance du Québec de près de 2000 ans, raconte Louise Pothier, du Musée Pointe-à-Callière, qui a dirigé l’ensemble du projet.

Ces pointes témoignent de la présence d’humains depuis très longtemps à l’intérieur des terres québécoises, alors que jusque-là, on n’avait trouvé de telles pointes qu’à Rimouski ou en Gaspésie.

Ces pointes étaient taillées pour chasser des animaux de grande dimension, comme les mammouths laineux, que l’on trouvait alors encore au Québec, ou encore d’autres spécimens de cette « méga faune » disparue depuis, dont les castors géants. On peut, encore aujourd’hui, voir certains animaux qui peuplaient l’Amérique à cette époque, le caribou ou le boeuf musqué sont des exemples. Mais on sait moins que durant la préhistoire, on trouvait des chameaux ou des chevaux miniatures indigènes en Amérique…

L’angle de l’eau

Les tomes subséquents de la série aborderont l’archéologie sous l’angle de l’eau, prise tant comme moyen de transport que comme condition de survie, du feu comme centre du foyer mais qui permet de dater des éléments très anciens grâce au carbone 14, et de la terre, à la fois mère de l’agriculture et porteuse d’outils. On sait, par exemple, que le quartzite de Mistassini, une pierre très dure et cassante, qui servait à faire des outils cassants et tranchants, s’est dispersé, via le commerce, à plus de 1000 kilomètres à la ronde.

L’ouvrage situe les débuts de l’archéologie au Québec au XIXe siècle. Mais il s’agissait alors d’une archéologie d’« antiquaires », explique Mme Pothier. C’est à cette époque que sir Dawson, directeur du collège McGill, exhume les premiers restes d’anciens vestiges de villages iroquoiens, convaincu qu’il s’agissait là de vestiges d’Hochelaga.

Mais c’est avec les grands travaux des barrages hydroélectriques de la Baie-James, dans les années 1960, qu’on assistera au véritable essor d’une archéologie professionnelle au Québec, d’abord centrée sur la préhistoire. C’est l’époque de la création du service d’archéologie du ministère des Affaires culturelles. Ce même ministère a financé 75 % de ce projet de série de livres, qui vise à faire une somme des recherches archéologiques accomplies au Québec à ce jour.

25 janvier 2015

Québec, une invention amérindienne?

Les Européens et les Premières Nations n’ont jamais été aussi près l’un de l’autre qu’en 1608
On a parfois tendance à oublier que la fondation de Québec, il y a 400 ans, n’est pas l’œuvre d’un seul homme, en l’occurrence Samuel de Champlain, mais qu’elle résulte plutôt d’intérêts mutuels d’Européens et d’Amérindiens qui, des deux côtés, souhaitaient faire des affaires. Sans cette volonté commune de construire des alliances où chacun croyait y trouver son compte, Québec et la Nouvelle-France n’auraient peut-être jamais existé.
  
«Lorsque Champlain accoste au lieudit Québec, le 3 juillet 1608, son équipage comporte une trentaine d’hommes tout au plus. Les Français se retrouvent ainsi face à quelque 1 500 Amérindiens, des Innus pour la plupart, qui les accueillent de façon amicale», a rappelé l’anthropologue Serge Bouchard lors du Bar des sciences qui a eu lieu le 4 juin, au bistro de l’Espace 400e, avec l’historien Denis Vaugeois et Denys Delage, professeur au Département de sociologie. Thème de la discussion: «Québec, une invention amérindienne?». D’entrée de jeu, les participants à l’événement ont ainsi convenu de la nécessité de replacer les choses dans leur contexte. «Déjà, en 1603, Champlain avait conclu des alliances avec les Amérindiens près de Tadoussac, a souligné Serge Bouchard. Il n’était donc pas un inconnu pour eux. Les Amérindiens rêvaient d’une alliance avec une nation européenne fiable afin de pouvoir se procurer des biens matériels d’Europe, tels du métal, des chaudrons et des perles. Les Français, eux, voulaient des fourrures.»

Nous étions ensemble
Selon Denis Vaugeois, il est clair que les épidémies ont marqué le début de la fin pour les Amérindiens qui n’étaient pas immunisés contre des virus et maladies comme la variole ou la grippe apportés par les Européens. «Sans ces épidémies ayant décimé près de 90 % de la population autochtone, rasant des villages entiers, les forces en présence auraient été beaucoup plus équilibrées et, qui sait, les Amérindiens formeraient peut-être la majorité de la population québécoise aujourd’hui», estime Denis Vaugeois. En effet, lorsque les Européens arrivent au Québec au début des années 1600, la population amérindienne est très organisée, ayant créé un important réseau d’alliances économiques avec d’autres tribus et nations. On est très loin de l’image de l’Indien passif et innocent qui attend la lumière venue d’Europe. Quatre siècles plus tard, comment se fait-il que le rôle des peuples autochtones dans la fondation de Québec ne soit pas davantage mis en évidence dans notre histoire?
  
«Donner la parole à ceux qui étaient là est peut-être une façon de refaire l’histoire, dit Denys Delage. Il faut être lucide et chercher à comprendre le rapport colonial qui s’est institué entre les deux parties pour pouvoir s’en dégager.» Veut-on vraiment construire un Québec sans l’apport des Premières Nations et en taisant leur rôle dans l’histoire? C’est la question. Serge Bouchard estime que les Québécois ont un problème d’identité. Qui sommes-nous en tant que peuple? Comment nous définissons-nous? Voilà l’autre question à se poser. Il faut cependant se réjouir du renouveau touchant les recherches historiques sur les Autochtones depuis 30 ans au Québec, estime Serge Bouchard. «Le silence serait terrible, affirme l’anthropologue. Je crois et j’espère que nous allons finir par nous rejoindre, car nous étions et nous sommes toujours ensemble.»      
Un regard sur le monde à travers les yeux d'un autochtone