11 février 2015

La gouvernance autochtone, pour une diversité économique


Sans une amélioration significative de la gouvernance et de la capacité institutionnelle autochtones, les progrès sur les questions en suspens comme l’écart socio-économique et éducationnel entre la population autochtone et les non-autochtones du Canada resteront problématiques. Cet écart a été qualifié d’obstacle clé à la croissance de productivité canadienne. La participation des Autochtones à la société et à l’économie contribuerait à résoudre la pénurie croissante de compétences du Canada et pourrait éventuellement augmenter le PIB du Canada de 401 milliards de dollars, accroître les recettes fiscales de 39 milliards et diminuer les dépenses gouvernementales de 77 milliards sur une période de 20 ans




Une gouvernance solide fait partie intégrante du développement économique et repose sur des institutions de gouvernance compétentes qui sont efficientes, efficaces et légitimes. Sans ces qualités, le progrès social et économique reste hors de portée. Le Harvard Project on American Indian Economic Development effectue certaines des recherches les plus innovantes et convaincantes sur le développement économique autochtone et le rôle de la gouvernance. Ces chercheurs ont conclu que la réussite du développement économique des Autochtones repose sur un pouvoir décisionnel pratique conjugué à des institutions de gouvernance compétentes. Cette combinaison est importante parce qu’elle permet aux communautés autochtones d’établir des objectifs de développement économique à long terme fondés sur leurs propres besoins, désirs et culture (compétence) et de les atteindre (institutions de gouvernance compétentes). En outre, les chercheurs ont découvert que les communautés autochtones prospères économiquement veillent à ce que les institutions qu’elles développent, qu’elles soient économiques, politiques ou juridiques, reflètent la culture locale et sont légitimes aux yeux de la communauté.

 De nombreuses communautés autochtones sont pauvres, mais cette pauvreté n’est ni universelle ni uniforme. Quelques communautés se sont sorties de la pauvreté en adoptant une approche différente à l’égard du développement économique et institutionnel. Axée sur l’« édification des nations », cette approche favorise une bonne gouvernance et la création d’institutions et de capacité, est éperonnée par les membres de la communauté autochtone et se fonde sur une démarche stratégique à long terme. On oppose l’approche axée sur l’édification des nations à l’approche « standard » à l’égard du développement, qui est issue des politiques du début du 20e siècle, dont la plupart existent encore aujourd’hui.

Contrairement à l’approche axée sur l’édification des nations, l’approche standard focalise les projets et subventions à court terme et néglige les questions de capacité et de gouvernance. Elle traite les communautés autochtones comme des récipiendaires passifs des politiques et elle est dirigée de l’extérieur par les bailleurs de fonds ou les bureaucrates. Les deux approches contrastantes ont différentes retombées pour le processus de développement économique et le rôle global des gouvernements autochtones. Dans le processus de développement économique axé sur l’approche standard, les objectifs sont formulés à l’extérieur de la communauté, dominés par les propositions de financement et de subventions. La relation primaire est avec les gouvernements et elle est l’objet d’une microgestion de la part des dirigeants politiques de la communauté. Selon l’approche standard, le rôle des gouvernements autochtones consiste à faire pression pour obtenir des fonds ou un soutien de l’extérieur et à mettre en œuvre les objectifs stratégiques établis par les organismes et les bailleurs de fonds de l’extérieur. Par contre, selon l’approche axée sur l’édification des nations, les communautés établissent leur but et leurs objectifs en premier, puis elles édifient les institutions appropriées à l’atteinte de ces buts. Le rôle premier des gouvernements autochtones consiste à établir les objectifs et les buts de la communauté et à diriger stratégiquement l’édification d’institutions appropriées, notamment de mécanismes financiers et de règlement des différents transparents. Le développement de la capacité institutionnelle et de l’efficacité de la gouvernance autochtone pourrait considérablement renforcer la compétitivité du Canada et contribuer à résoudre les pénuries de travailleurs actuelles. En habilitant les gouvernements autochtones appropriés à développer leurs propres institutions gouvernementales efficaces, efficientes et légitimes, le Canada pourrait combler l’écart de compétences entre les peuples autochtones et les non-autochtones, développer une main-d’œuvre qualifiée et accroître la productivité canadienne.

Recommandations

Que le gouvernement fédéral :

 1. Facilite et encourage la dévolution graduelle du pouvoir décisionnel fonctionnel, y compris le pouvoir de taxer et de dépenser, aux gouvernements autochtones appropriées.

2. Réoriente le financement et la surveillance fédéraux pour passer d’un modèle de financement conditionnel axé sur les programmes à des subventions globales, sous réserve d’une évaluation de la capacité administrative.

3. Appuie le transfert du pouvoir décisionnel pratique aux gouvernements autochtones tout en assurant une séparation adéquate des pouvoirs, en particulier une séparation distincte entre la direction politique et l’administration quotidienne des affaires communautaires.

 4. Encourage la création de mécanismes de règlement des différends objectifs, transparents et apolitiques dans les communautés autochtones.

5. Appuie la création de capacité et le partage de meilleures pratiques pour les communautés autochtones afin d’atteindre les objectifs susmentionnés.

 6. Encourage la création de structures juridiques et financières pour guider l’activité commerciale comme la Commission de la fiscalité des Premières nations.

Mention très bien à John Lane Deer, autochtone d’Amérique


Classé dans : Histoire — Obambé Mboundze GAKOSSO @ 9 h 25 min

Un petit coup de cœur ce matin.

J’ai lu ce court texte qui m’a frappé tant il me rappelle ce que je ne cesse ‘apprendre sur mes ancêtres, sur mon histoire.

Enfant, on nous mentait à ce sujet.
John Lane Deer
John Lane Deer
Adolescents, nous avons grandi dans ces mêmes mensonges.

Même après le lycée, ces mensonges ont continué et parfois même ont augmenté d’intensité.

Il arrive cependant dans la vie ‘un individu une période au cours de laquelle, s’il veut bien ouvrir ses yeux, le réveil peut sérieusement être envisagé. Il ne suffit pas comme certains le pensent d’avoir un prénom africain. Il ne suffit pas comme d’autres le croient de vivre au village, pour être éloigné de l’aliénation. Non, non et encore non.

Le travail de désaliénation est un travail qui dure toute une vie. A la mort de Mandela, il a été dit qu’une tuberculose contractée du temps où il était en prison, était une des conséquences de son décès. En 2013 !!! C’est comme ces poisons, ces venins, ces bactéries, ces virus qui nous ont été inoculés des siècles durant, depuis les contacts violents d’avec les envahisseurs eurasiatiques.

On ne le dira jamais assez : des millénaires durant, nos ancêtres n’ont jamais su ce qu’était une prison. Jamais et jamais. Ils savaient comment traiter les questions de droit. Pas besoin de barreaux.

Le parallèle avec cet Indien ne concerne évidemment pas ne se fait pas sur tous les plans car l’argent, les hommes politiques (et non pas politicien, d’où il faut se méfier des traductions), le terme « civilisés » etc., il y en avait et on sait combien c’est nécessaire à la bonne marche de notre société.

Le jour où un procès de l’Occident aura lieu, je crains qu’il ne faille abattre tous les arbres de la Terre, de Mars et de Jupiter aussi pour le commencer. Ne serait-ce que le commencer.

Lisons cet homme plein de sagesse et méditions !

Avant que nos frères blancs viennent nous civiliser, on n’avait aucune prison. Par conséquent, il n’y avait aucun délinquant. Nous n’avions pas de clés ni de serrures, donc il n’y avait pas de voleurs. Quand quelqu’un était trop pauvre pour s’offrir un cheval, une couverture ou une tente, il pouvait recevoir cela comme cadeau. Nous n’étions tellement pas civilisés que nous n’accordions pas une telle importance à la propriété privée.

Nous voulions posséder des choses pour donner aux autres, s’entraider. Nous n’avions pas d’argent, pour cette raison la valeur d’un Homme ne pouvait être déterminée selon sa richesse.

Nous n’avions aucune loi (écrite), aucun avocat (ou procureur), aucun politicien, Par conséquent nous n’étions pas capable de tricher ou d’escroquer autrui. Nous suivions vraiment une mauvaise voie avant que les hommes blancs viennent, et je ne saurai vraiment pas expliquer comment nous nous y prenions pour nous en sortir sans ces choses fondamentales (c’est ce que nos frères blancs nous ont dit) qui sont absolument nécessaires pour une société civilisée. »

John Lame Deer (Amérindien, né en 1903 dans une réserve Amérindienne aux USA et mort en 1976)

Obambe NGAKOSO, February 2015©

Archéologie du Québec

Un regard sur le monde à travers les yeux d'un autochtone

L’Amérique a été le dernier continent peuplé par l’humain. Et le Québec est l’un des endroits les plus récemment peuplés d’Amérique, soit quelque part entre il y a 12 500 et 50 000 ans.

C’est ce que raconte entre autres le premier livre d’une série de cinq sur l’archéol
ogie au Québec, dont le premier tome est lancé ce jeudi au Musée Pointe-à-Callière de Montréal. Cinq livres, donc, dont chacun aborde l’archéologie sous un biais différent, les premiers prenant l’angle des quatre éléments, l’air, l’eau, la terre et le feu, et le dernier portant sur les collections archéologiques du Québec.

Vue des airs

Le premier tome, Air. Territoire et peuplement, de la collection « Archéologie du Québec », tout frais sorti des presses, embrasse donc l’histoire de l’archéologie du Québec vue des airs. On y piste par exemple les traces des 12 000 pointes à cannelures retrouvées en Amérique au fil des années, témoignant d’une présence humaine datant d’autour de 15 000 ans. Tout récemment, de nouvelles découvertes de pointes à cannelures, trouvées au lac aux Araignées, dans la région du lac Mégantic, ont fait reculer dans le temps notre connaissance du Québec de près de 2000 ans, raconte Louise Pothier, du Musée Pointe-à-Callière, qui a dirigé l’ensemble du projet.

Ces pointes témoignent de la présence d’humains depuis très longtemps à l’intérieur des terres québécoises, alors que jusque-là, on n’avait trouvé de telles pointes qu’à Rimouski ou en Gaspésie.

Ces pointes étaient taillées pour chasser des animaux de grande dimension, comme les mammouths laineux, que l’on trouvait alors encore au Québec, ou encore d’autres spécimens de cette « méga faune » disparue depuis, dont les castors géants. On peut, encore aujourd’hui, voir certains animaux qui peuplaient l’Amérique à cette époque, le caribou ou le boeuf musqué sont des exemples. Mais on sait moins que durant la préhistoire, on trouvait des chameaux ou des chevaux miniatures indigènes en Amérique…

L’angle de l’eau

Les tomes subséquents de la série aborderont l’archéologie sous l’angle de l’eau, prise tant comme moyen de transport que comme condition de survie, du feu comme centre du foyer mais qui permet de dater des éléments très anciens grâce au carbone 14, et de la terre, à la fois mère de l’agriculture et porteuse d’outils. On sait, par exemple, que le quartzite de Mistassini, une pierre très dure et cassante, qui servait à faire des outils cassants et tranchants, s’est dispersé, via le commerce, à plus de 1000 kilomètres à la ronde.

L’ouvrage situe les débuts de l’archéologie au Québec au XIXe siècle. Mais il s’agissait alors d’une archéologie d’« antiquaires », explique Mme Pothier. C’est à cette époque que sir Dawson, directeur du collège McGill, exhume les premiers restes d’anciens vestiges de villages iroquoiens, convaincu qu’il s’agissait là de vestiges d’Hochelaga.

Mais c’est avec les grands travaux des barrages hydroélectriques de la Baie-James, dans les années 1960, qu’on assistera au véritable essor d’une archéologie professionnelle au Québec, d’abord centrée sur la préhistoire. C’est l’époque de la création du service d’archéologie du ministère des Affaires culturelles. Ce même ministère a financé 75 % de ce projet de série de livres, qui vise à faire une somme des recherches archéologiques accomplies au Québec à ce jour.